Ethiopie : entre rébellion et répression

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Six mois, cela fait six mois maintenant que l’Éthiopie est secouée par une vague de contestation sans précédent depuis les manifestations massives faisant suite aux élections controversées de 2005. Six mois que le régime éthiopien réprime dans la violence les manifestants de l’ethnie majoritaire oromo dans le sud du pays. Six mois qu’il opère dans une indifférence médiatique internationale quasi-générale, alors que les morts se comptent par centaines, les disparitions par milliers, et qu’un nombre indéfini d’individus est maintenu en prison sans charge et torturé. Les manifestations ont débuté par la contestation d’un plan d’extension de la capitale, Addis Abeba. Cependant, le malaise est bien plus profond. Ce qui s’observe en Éthiopie, c’est la cristallisation de nombreux problèmes de notre monde contemporain : allant de l’imposition forcée de méga-projets par des dictatures, des investissements des multinationales en Afrique et de l’expropriation des petits paysans, à la volonté des peuples de revendiquer des droits aussi fondamentaux que le droit de vivre ainsi que leurs droits culturels et identitaires, allant de la répression féroce d’un régime agissant en toute impunité à la fabrication en grand nombre de migrants qui cherchent un pays où fuir pour ne plus souffrir, pour ne pas mourir.

 Addis Abeba et le fédéralisme éthiopien.

 L’Éthiopie se caractérise par sa très grande diversité : diversité des paysages, diversité de sa population : on y dénombre pas moins de 80 ethnies et à peu près autant de langues différentes. L’Éthiopie est un État fédéral composé de 9 États à base ethnique auxquels, il faut ajouter deux villes fédérales : Addis Abeba, la capitale, et Dire Dawa un peu plus à l’Est. Les deux villes fédérales sont des enclaves dans l’État d’Oromia. Recouvrant un tiers de l’Éthiopie, l’Oromia est le plus grand État de la fédération. C’est aussi le plus peuplé : plus du tiers de la population éthiopienne est d’ethnie oromo, ce qui en fait l’ethnie la plus nombreuse. Hormis la parenthèse italienne (1936-1941), l’Éthiopie est le seul pays africain à n’avoir jamais été colonisée par les puissances européennes. Cela lui confère une aura particulière au cœur de l’Afrique. L’Union Africaine y a d’ailleurs installé son siège, faisant ainsi d’Addis Abeba la capitale symbolique du continent africain.

Fédération d’Éthiopie. Source

Fédération d’Éthiopie. Source

Créée en 1886, par l’Empereur Ménélik II, Addis Abeba se situe en plein territoire oromo. Vouée à devenir la capite de l’Empire, sa croissance se fera principalement par l’arrivée d’ « étrangers » non-oromos. La capitale va considérablement croître au cours du siècle suivant, empiétant toujours davantage sur les terres des Oromos. La constitution de 1995 la désigne comme capitale de l’État fédéral et, à ce titre, lui confère le statut particulier de ville-État qui s’auto-administre tout en étant sous la responsabilité de l’État fédéral (Constitution 49.2 et 49.3). L’alinéa 4 de l’article 49 stipule que « L’intérêt particulier de l’État d’Oromia en ce qui concerne la prestation de services, l’utilisation des ressources ou les questions administratives découlant de la présence de la ville d’Addis-Abeba dans l’État Oromia doit être protégé. » Les détails pratiques de l’article 49.2 et 49.4 devaient être déterminés par la loi : cela n’a jamais été fait et il est donc difficile de définir la nature des relations de gouvernance entre l’État fédéral, l’administration de la ville et l’État d’Oromia.

Dans les faits, l’État fédéral prend ses décisions concernant l’aménagement d’Addis Abeba sans en référer à l’État « hôte ». En tant que capitale administrative, la ville abrite les différents organes de l’État fédéral, ainsi qu’une centaine d’ambassades. C’est aussi le cœur économique du pays, des industries s’y sont installées. Addis Abeba, la « Nouvelle Fleur » en amharique, connu sous le nom de Finfinne, la « Source Naturelle » en oromo n’a plus rien d’oromo. La plupart de ses habitants s’y expriment en amharique, la langue administrative et l’afan oromo, la langue locale, est pour eux une langue étrangère.

 Explosion démographique à Addis Abeba

 A partir des années 1980, la population double tous les 10 ans. Les prévisions envisagent désormais une croissance exponentielle, puisque de 3,1 millions d’habitants en 2013, on devrait atteindre les 12 millions en 2024. La croissance de la capitale éthiopienne est symptomatique des croissances rapides qu’ont connues des mégapoles de pays pauvres dans le monde. Elle s’est faite de façon anarchique, avec la création de nombreux bidonvilles, non connectés aux réseaux d’eaux, d’égouts, d’électricité. Le réseau routier est déjà saturé alors que très peu d’Éthiopiens possèdent une automobile. La corruption importante dans l’obtention de licence d’exploitation, de création d’entreprise a contribué à ce chaos. Le clientélisme entretenu par la classe politique permet de garder le contrôle sur les décideurs économiques. L’exode rurale est important, en raison de la pauvreté dans les campagnes et des opportunités économiques qu’offriraient les entreprises installées dans la capitale. Ces opportunités sont souvent un miroir aux alouettes. Les pauvres, venant grossir les bidonvilles, ne profitent pas des retombées économiques. Les économies parallèles, telles la prostitution, explosent. Bien que la pauvreté ait sensiblement régressé ces dernières années (le nombre d’individus en-dessous du seuil de pauvreté est passé de 40 % en 2000 à 33 % en 2011), les disparités restent très fortes dans un pays qui connaît l’une des plus fortes croissances économiques au monde (environ 10 % par an depuis 2004 à minorer cependant par une inflation presque aussi importante).

 Remodeler la capitale : le Master Plan

 Face à la croissance anarchique de sa capitale et aux besoins futurs, le gouvernement fédéral a proposé un nouveau plan très audacieux. Il prévoit, entre autre, de repousser les limites de la capitale, multipliant ainsi par 20 sa taille. Or, c’était justement en raison de sa crainte d’être grignotée par la capitale fédérale que l’État d’Oromia avait instauré en 2008 « une zone spéciale entourant Finfinne » à 90 % occupée par des surfaces cultivées et des forêts exploitées. L’État d’Oromia souhaitait mettre en place une stratégie pour développer cette zone en raison de la forte demande en ressources de la capitale. C’est donc un conflit de souveraineté qui s’opère autour de ce plan. Certes, Addis Abeba a besoin de se développer mais constitutionnellement, le gouvernement fédéral ne peut décider unilatéralement de l’étendre sur l’État d’Oromia. Par ailleurs, Addis Abeba se trouve en plein milieu de la partie la moins large de l’État d’Oromia (moins de 100 km). L’élargissement des limites de la capitale fédérale aurait ainsi pour conséquence de scinder l’État d’Oromia en deux.

 Les investisseurs étrangers et les expropriations

 Les manifestations contre le Master Plan qui ont débutées fin 2015 sont une résurgence de celles qui avaient déjà eu lieu en 2014 et qui, elles aussi, avaient été violemment réprimées. Cette fois-ci, le feu a pris à Ginchi, un village à quelques dizaines de kilomètres d’Addis. Le 12 novembre 2015, une poignée d’habitants se rassemblait pour protester contre l’inspection d’un terrain de foot et d’une forêt par une équipe gouvernementale suspectée de vouloir y développer un projet d’investissement. Rapidement, les étudiants s’en sont mêlés et deux semaines plus tard, de nombreuses manifestations avaient lieu dans toute l’Oromia. Les doléances ne portaient plus seulement sur le projet d’investissement de Ginchi mais sur tout le Master Plan concernant l’extension d’Addis Abeba.

Qu’ils s’agissent de Ginchi en particulier ou de la zone autour d’Addis Abeba en général, les revendications sont les mêmes. Les Oromos manifestent contre les expropriations passées et à venir au prétexte de développer le pays. Ce développement se fait au dépens des locaux et plus particulièrement des petits paysans, expropriés sans compensation. Trop peu souvent employés par les nouvelles industries : ils perdent ainsi leur seul moyen de subsistance. Quant à ceux qui parviennent à se faire embaucher, ils restent insatisfaits par la faiblesse des salaires, par l’insécurité de l’emploi et par le manque de respect des équipes encadrantes à leur égard. Le phénomène d’accaparement des terres n’est pas observé uniquement en Oromia mais dans toute l’Éthiopie. L‘expulsion des tribus de la Vallée de l’Omo, cette fois pour la construction d’un barrage hydro-électrique, a eu un petit retentissement international. Les terres éthiopiennes sont riches et suscitent la convoitise d’investisseurs locaux mais aussi étrangers. Encouragés par le gouvernement, des investisseurs d’Inde, d’Arabie Saoudite mais aussi de Chine, d’Égypte ou d’Europe louent à bas prix des terres qu’ils cultivent et dont ils exportent les produits alors qu’une partie de la population expulsée par ces investisseurs ne parvient plus à se nourrir. En 2011 déjà, plus de 3,6 millions d’hectares avaient été distribués à des investisseurs étrangers.

Roses d’Éthiopie  sur un marché de Moselle. Photo : auteur.

Roses d’Éthiopie sur un marché de Moselle. Photo : auteur. L’entreprise néerlandaise Linssen Roses est implantée dans l’Etat d’Oromia.

La dépossession des petits paysans est facilitée par la Constitution qui ne reconnaît pas la propriété privée : « la terre est une propriété commune inaliénable des nations, des nationalités et des peuples d’Éthiopie » (Constitution Article 40, Alinéa 3). Cependant, l’alinéa suivant stipule que « le droit des paysans éthiopiens à bénéficier d’une attribution gratuite de terre et à ne pas être expulsée de celle-ci est garantie. » Dans les faits, les autorités régionales recensent les terres disponibles. Un recensement contesté par les paysans qui disent ne pas avoir reçu de certificats d’exploitation pour les terres qu’ils cultivaient, comme à Bako Tibee dans l’ouest de l’Oromia. Non confisquées puisque considérées comme disponibles, les paysans ne reçoivent aucune compensation. Par ailleurs, les fonctionnaires ne tiennent pas compte du fait que, dans ces sociétés souvent traditionnelles, la part des terres utilisées est bien supérieures à la part des terres cultivées. Les animaux y paissent librement, les plantes sauvages y sont cueillies, le bois collecté. Les paysans ont aussi besoin d’un accès à l’eau rendu impossible si un investisseur s’installe sur les berges d’une rivière. Enfin, les communautés locales vivent très mal l’abattage d’arbres à haute portée culturelle et religieuse. Un arbre figure sur le drapeau oromo, arbre au pied duquel se décidaient les lois et la gestion de la vie sociale.

Répression des manifestations contre le Master Plan

Les manifestations contre le Master Plan et l’accaparement des terres d’Oromia décidés par le gouvernement fédéral commencent fin novembre. Rapidement, la police fédérale intervient tuant 3 manifestants. La mort des trois étudiants contribue à renforcer le mouvement de protestation qui s‘étend rapidement dans tout l’État d’Oromia.

Manifestation dans l’État d'Oromia - Décembre 2015. Source Human Rights Watch

Manifestation dans l’État d’Oromia – Décembre 2015. Source : Human Rights Watch

Le 12 décembre, alors qu’on dénombre 40 morts parmi les manifestants, le gouvernement éthiopien, qualifie les manifestants de « terroristes » ne cherchant qu’à déstabiliser le pays et agissant de concert avec des groupes terroristes. Le gouvernement fait référence au FLO (Front de Libération Oromo), un mouvement nationaliste, déclaré terroriste et interdit en Éthiopie. Cette déclaration permet au gouvernement d’invoquer la loi anti-terroriste 625/2009 permettant des arrestations et détentions sans procès contre des citoyens suspectés de terrorisme. Le 14 janvier, l’ODPO (branche oromo de la coalition au pouvoir) annonce que le Master Plan est abandonné. Le gouvernement dit avoir un « énorme respect » pour les manifestants et regrette cet abandon dû à un « manque de transparence ». Les manifestants oromos se méfient de la main tendue et refusent de mettre fin au mouvement. Toutes les couches de la société sont concernées : des petits paysans qui craignent d’être expulsés au profit d’une multinationale agro-alimentaire aux simples citoyens réclamant de pouvoir exercer leurs droits civiques et culturels, protestant contre la corruption, voulant eux aussi, bénéficier de l’insolente croissance de l’Éthiopie. Fin mai, l’État annonçait la suspension des examens d’entrée à l’université après qu’au moins une page des épreuves ait été publiée sur les réseaux sociaux. Une fuite revendiquée par des sympathisants à la cause oromo qui expliquent avoir voulu donner aux lycéens oromos, dont les établissements ont été fermés durant de longues périodes, plus de temps pour étudier.

 Les arrestations se multiplient au domicile d’individus suspectés de participer ou d’inciter aux manifestations. Les organisations de défense des droits de l’homme ont collecté de nombreux témoignages relatant les tortures infligées en prison. L’accès à l’information est extrêmement difficile : le gouvernement a bloqué certains réseaux sociaux. “C’est comme un trou noir, nous n’avons aucune idée de ce qui se passe. Nous disposons de très peu d’informations crédibles. ” confiait un diplomate étranger à Félix Horne, chercheur pour Human Rights Watch. Le chercheur rapporte également les difficultés pour les journalistes de travailler dans un tel contexte. Fréquemment arrêtés, les journalistes éthiopiens finissent par s’autocensurer. Les journalistes internationaux ne sont pas à l’abri. Deux d’entre eux, ont été détenus toute une nuit pour avoir voulu comprendre ce qui se passait en Oromia. Ils savent, par ailleurs, qu’ils font prendre des risques à leurs interprètes et à tous les locaux qui travaillent avec eux. En 2012, deux journalistes suédois étaient libérés des geôles éthiopiennes après 400 jours de captivité. Témoignant sur les conditions de leur détention, ils disaient que la majorité des prisonniers étaient des journalistes et des opposants politiques.

 « L’Éhiopie exporte plus que du café »1

 C’est effectivement le profil type des réfugiés que j’ai pu côtoyer en Égypte : des hommes ou des femmes, plutôt jeunes, souvent instruits, et ayant une situation relativement confortable en Éthiopie. Ils ont fui, souvent avec le soutien moral et financier de la famille, pour sauver leur vie, pour ne pas retourner en prison, pour ne pas être de nouveau torturés ou violés. Une fois dans le collimateur des services de sécurité, il suffit d’un soulèvement populaire comme celui auquel nous assistons pour être de nouveau inquiété. Quand bien même, les personnes visées auraient tout fait pour rester à l’écart de la contestation. Le départ est un déchirement, ils laissent au pays, famille et amis, qui risquent des représailles. Une fois la frontière franchie, il n’y a pas de retour possible. Ce sont eux qui prennent tous les risques pour venir jusqu’en Libye, puis pour traverser la Méditerranée. Plusieurs Éthiopiens se sont encore noyés, mi-avril, dans un naufrage au large des côtes libyennes qui a fait 400 ou 500 morts. Le sort des réfugiés des îles grecs étant un peu oubliés depuis l’accord entre l’Union Européenne et la Turquie, le projecteur médiatique se tourne timidement vers la Libye où il y aurait des « centaines de milliers » de migrants (JY Le Drian sur Europe 1) à attendre de traverser. On retrouve les Éthiopiens à Nice, à Paris, puis à Calais d’où ils tentent de rejoindre l’Angleterre.

Certains politiques prétendent résoudre la crise des migrants venant d’Afrique (donc forcément économiques) en injectant de l’argent dans le continent. Nicolas Sarkozy réclame un véritable plan Marshall pour l’Afrique. Allant dans ce sens, la Commission Européenne a présenté le 7 juin un plan d’action2 visant à établir et à renforcer les partenariats avec les pays d’origine des migrants. Le but affiché est clair : il s’agit d’endiguer le départ des candidats à l’exil et de faciliter le retour des migrants illégaux en soutenant le « développement des pays tiers afin de remédier aux causes profondes de la migration irrégulière ». Les modalités du conditionnement de l’aide ne sont pas encore très claires. L’un des pays cibles prioritaires est l’Éthiopie. Or, l’Éthiopie est déjà l’un des pays les plus aidés au monde (3,5 milliards de dollars d’aide publique au développement en 2014). Si cette aide a pu permettre une amélioration sensible des conditions de vie des Éthiopiens, elle a aussi contribué à entretenir la dictature. En 2008, Human Rights Watch publiait un rapport intitulé « Un développement sans liberté : comment l’aide contribue à la répression en Éthiopie ». L’organisation de défense des droits humains y dénonçait le clientélisme lié à l’aide : l’État n’accordait des aides qu’aux Éthiopiens encartés au parti au pouvoir. Ce n’est donc pas tant la pauvreté qui chasse les Éthiopiens de chez eux, mais la dictature entretenue par l’aide qui créée des réfugiés. Quant à l’aide d’urgence, elle est souvent destinée aux paysans malmenés par des politiques agricoles qui les privent de leurs terres. Les plus pauvres n’ont pas les moyens de s’exiler : ils vivront leur marginalisation sur place. Dans le grand jeu du cynisme international, l’Éthiopie est un pays ami : elle a abandonné le socialisme et rejoint le giron occidental. Elle accueille à bras ouverts les multinationales qui y délocalisent car la main d’œuvre y est moins chère (présence croissante des industries chinoises). Elle brade ses terres fertiles aux gros complexes agro-alimentaires mondiaux. Elle fournit le gros des troupes en Somalie contre les Shababs et participe donc activement à la lutte contre le terrorisme. Enfin, l’Éthiopie prend largement sa part dans l’accueil de 660000 réfugiés, principalement Sud-Soudanais et Érythréens, soit quatre fois plus de réfugiés sur son territoire que de réfugiés et demandeurs d’asile Éthiopiens dans le reste du monde (150000 d’après les Statistiques du HCR 2014).

Réactions internationales à la répression

 Le 21/01/2016, le Parlement européen adoptait une résolution condamnant les violences en Éthiopie et demandant au gouvernement de mettre fin à l’utilisation de la loi contre le terrorisme. La position officielle américaine est moins tranchée. Bien sûr, le département d’État se dit « vivement inquiet » de la situation en Éthiopie, mais les Oromos réfugiés aux États-Unis attendent une condamnation plus ferme de leur pays d’accueil. La mobilisation de la diaspora oromo est impressionnante à Bruxelles, à Berlin, en Irlande, à Chicago, à Saint Paul (c’est au Minnesota que se trouve la plus forte concentration de réfugiés oromos aux États-Unis), à Calgary, à Melbourne, en Suède. Toutes ces villes, ces pays, accueillent une importante population oromo, souvent très qualifiée et très militante, bien éloignée de l’image du migrant économique pauvre et peu instruit trop largement répandue sous nos latitudes. Ni les condamnations internationales, ni les manifestations internationales n’ont mis un terme à la répression. Désormais, les inculpations pleuvent à l’encontre de journalistes, dissidents, blogueurs, poursuivis au titre de la loi relative à la lutte contre le terrorisme. Le flot des demandeurs d’asile en provenance d’Éthiopie n’est pas prêt de se tarir.

Notes :

1 Ethiopia exports more than coffee : Oromo refugees fear and destitution in Kenya. Oromo Relief Association/ OromoSupport Group, Decembre 2010, lien

2 À écouter, l’interview de Quentin Dickinson diffusé dans « Un jour dans le monde » sur France Inter entre 26′ et 28’30 ».

A lire ou relire : le témoignage d’Abdatta que j’avais recueilli en Égypte « En Éthiopie les prisons pleurent en Oromo ». Abdatta et sa petite famille ont quitté l’Égypte pour le Canada en février 2014. Abdatta n’a pas pu obtenir son diplôme d’ingénieur en hydrologie en Éthiopie, il s’était vu refusé des stages diplômants car il n’était pas encarté au parti du pouvoir en place. Au Canada, il termine une formation afin de travailler dans l’industrie pétrochimique. Je lui souhaite une bonne continuation.

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