#GazaUnderAttack : informez-nous avant de nous mettre en garde contre la désinformation!

FacebookTwitterGoogle+Partager

J’ai senti un gros malaise à la lecture de cet article de Libération : #GazaUnderAttack : la désinformation en images.

L’auteur s’emploie à démontrer que plusieurs photos dénonçant, sur les réseaux sociaux, le coût humain des bombardements sur Gaza sont en fait des clichés pris en Syrie ou à Gaza en 2012.

Photos qui circulent sur les réseaux sociaux avec le hashtag #GazaUnderAttack. En haut, deux photos prises à Alep, en Syrie, en juin 2014. En bas à gauche: Gaza en janvier 2009. En bas à droite: à Bagdad, en Irak, en septembre 2007.

Photos accompagnant l’article de Libération avec le commentaire suivant « Photos qui circulent sur les réseaux sociaux avec le hashtag #GazaUnderAttack. En haut, deux photos prises à Alep, en Syrie, en juin 2014. En bas à gauche: Gaza en janvier 2009. En bas à droite: à Bagdad, en Irak, en septembre 2007. (Photos AFP) »

J’ai tweeté l’article avec le commentaire suivant  « @Libe parle enfin de #Gaza ? Ben en fait non : « la désinformation en images » Il ne se passe rien à Gaza? #indecence

Rappel : Depuis plusieurs jours, Gaza est violemment bombardé. Les tirs « ciblés » ont fait des dizaines de victimes civiles, dont de nombreux enfants. Israël dit réagir contre les tirs de roquettes en provenance de Gaza qui, pour l’heure, n’ont pas fait de victimes.

On m’a alors fait la remarque « Ne crois-tu pas qu’il faille tout de même parler de la désinformation ?»

Il faut bien sûr parler de désinformation. Mais avant de parler de désinformation, il faudrait d’abord informer. On est finalement assez peu informé de ce qui se passe réellement à Gaza, du quotidien des Gazaouis (par manque d’envoyés spéciaux sur place ? parce que l’actualité est confisquée par la Coupe du Monde ?). Toujours est-il qu’on n’est pas submergé par l’information au point d’avoir besoin d’un décryptage journalistique pour nous aider à faire la part du vrai (qui nous serait relayé par les grands médias) et du faux (véhiculés par les médias sociaux). Par conséquent, je ne trouve pas décent de rédiger un papier pour dire que les photos sont empruntées à un autre conflit ou à une autre période jetant ainsi le discrédit sur tout ce qui pourrait venir de Gaza. Or, à l’heure actuelle, la seule source d’information dont nous disposons pour être informé de ce qui se passe à l’intérieur de l’enclave sont les tweets envoyés par les Gazaouis eux-mêmes, avec, certes, tous les risques de désinformation que cela peut comporter.

A la lecture de l’article de Libération, on dirait qu’il ne se passe rien à Gaza. On sait qu’Israël bombarde,  mais les images qui nous parviennent seraient fausses.

Or dans le lot, il y a en a sûrement des vraies. Et puis, il y a eu aussi des vrais morts, dont des enfants.

Contrairement à ce que certains commentaires laissés à la suite de l’article avancent, on ne peut pas dire qu’une photo en vaut une autre.

Par exemple, Le contestataire écrit« En relisant l’article et en regardant les photos, oui libé a raison, ces photos sont transposables en Palestine. La photo du bombardement du 9 Juillet faisant entre autre 43 morts, que ces photos soient prises en Syrie ou a pet-a-ou-chnoc, on s’en moque, l’horreur est bien là et la lecture de l’article nous informe que Israël va intensifier ses frappes?  : c’est peut-être pas Gaza, mais c’est pareil ce qu’il s’y passe. »

Je ne suis pas d’accord avec ce commentaire. Il faut un maximum de rigueur dans la transmission de l’information et une photo « fausse » doit être dénoncée comme telle.

Ce n’est donc pas le fond qui me gêne, mais bien la forme. Publier un tel article dans le contexte actuel et sans aucune précision sur le fait notamment que d’autres clichés parvenant de Gaza sont vrais, n’est-ce pas accabler un peu plus les Palestiniens ?

Lorsque l’auteur nous aura informé de la réalité de l’horreur à Gaza, qu’elle nous aura fourni des clichés vérifiés. A ce moment là, je lirai son article sur la désinformation avec grand intérêt. Nous informer sur la désinformation est d’autant plus important que l’information est une arme utilisée par les deux camps. Ici, Julien Salingue épingle le Nouvel Observateur « qui publie une photo de 2012 pour illustrer le « tir d’une roquette » en 2014. » contre une habitation israélienne.

Ce contenu a été publié dans Uncategorized, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à #GazaUnderAttack : informez-nous avant de nous mettre en garde contre la désinformation!

  1. Julie dit :

    Il faut des informations exactes pour satisfaire le droit à l’information des hommes. Il ne faut pas faire de l’apriori. Même si l’horreur est là, il ne faut jamais généraliser une situation. Les degrés ne sont jamais les mêmes et les besoins non plus. Certes il y a des guerres au Moyen-Orient, mais elles ne sont pas toutes les mêmes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>