Portrait de révolutionnaires : Ahmed Maher et le Mouvement de la Jeunesse du 6 Avril

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Le mouvement de la jeunesse du 6 Avril (M6A) a incontestablement été le fer de lance du soulèvement populaire du 25 janvier 2011. Son implication lui a valu une très grande et très rapide popularité, au point que certains aient envisagé que le plus emblématique de ses fondateurs, Ahmed Maher, puissent se présenter aux élections présidentielles. “Peut-être dans 70 ou 80 ans” a plaisanté l’intéressé. “Notre principal objectif est de mettre en place le changement. Nous voulons que l’Egypte soit un pays progressiste, avec une démocratie [...] Avoir un tel changement va prendre beaucoup de temps. Le départ de Moubarak était une étape, mais le vrai changement va prendre encore beaucoup de temps”. Plus de deux ans après avoir prononcé ces paroles, Maher, le héros du 25 janvier,  est en prison et le changement n’a jamais semblé être aussi loin.

Mouvement de la Jeunesse du 6 Avril

Mouvement de la Jeunesse du 6 Avril

La contestation avant le 25 janvier 2011 ou la génèse du M6A

Né en 1980, Maher, choqué par la chaotique organisation de l’espace en Egypte, entreprend des études d’ingénierie en planification urbaine. Il aimerait s’engager politiquement, mais la seule organisation structurée à l’Université de Zagazig est l’organisation des Frères Musulmans plus préoccupés par les problèmes régionaux que nationaux. En 2004, il rejoint le mouvement Kefaya (« ça suffit ») qui refuse de voir Moubarak briguer un nouveau mandat présidentiel en 2005. Il quitte le mouvement en 2005. Maher est arrêté une première fois en juillet 2005 puis de nouveau quelques mois après, cette fois pour une période de 3 mois pour avoir manifester à Tahrir. Victime d’arrestation arbitraire et témoin des mauvais traitements, il comprend qu’il faut inventer de nouvelles formes de contestation. Avec le développement d’Internet, il est persuadé qu’il y a là moyen de faire quelque chose.  En 2006, il s’engage pour la première fois de manière significative en soutenant les grévistes de la grande entreprise publique du textile de Mahallat El-Kubra, une ville industrielle du Delta. Les ouvriers demandent des conditions de vie plus décentes. Puis arrive 2008 et ses révoltes de la faim. Les ouvriers de Mahallat sont aux avant-postes de la contestation, mais la révolte gronde bien au-delà de la cité textile. Ahmed Maher décide de fonder avec d’autres militants (dont Esra Abdel Fattah, Mohammed Adel, Asmaa Mahfouz, Waleed Rashid, Ahmed Salah) le Mouvement de la Jeunesse du 6 Avril.

Le 6 avril correspond à la date à laquelle une grève générale est annoncée. Avec Isra Abdel Fattah, une activiste nominée pour le Nobel de la paix, Ahmed créée une page Facebook pour le Mouvement. A travers cette page, ils tentent de mobiliser leurs concitoyens. L’ouverture d’une page Facebook pour le M6A marque sans aucun doute la naissance du cyberactivisme via les média sociaux en Egypte. Fin mars 2008, 74.000 individus ont rejoint le groupe. Mais la manifestation du 6 avril tourne au drame lorsqu’à Mahalla, deux ouvriers sont tués et des dizaines d’autres sont blessés par les forces de l’ordre. Par ailleurs, des centaines de manifestants sont arrêtés parmi lesquels Isra, qui restera deux semaines en détention. Au moment de sa libération, elle dira renoncer à tout activisme politique.

Ahmed ne baisse pas les bras et continue de mobiliser via la page Facebook. Il veut faire un coup d’éclat le 4 mai, jour des 80 ans de Moubarak. La contestation peut prendre n’importe quelle forme : manifester ouvertement, mais aussi, pour les moins téméraires, revêtir un T-shirt noir, mettre un drapeau égyptien à sa fenêtre, ou juste rester chez soi. Le 2 mai, les forces de sécurité sont à la poursuite des animateurs de la page Facebook du M6A. Maher parvient, de justesse, à leur échapper et se cache. Tentant de désamorcer toute tentative de contestation, le gouvernement annonce, le 3 mai, une augmentation de 30% des salaires des fonctionnaires ainsi que des bonus pour les employés du secteur textile public de Mahalla. Le 4 mai, sur les 74.000 membres inscrits sur la page Facebook du M6A, seulement 15 personnes veulent encore manifester (12 femmes et 3 hommes). Le 5 mai, le gouvernement annonce une hausse sans précédent du prix du carburant : + 40%. Le 7, Maher est arrêté alors qu’il tente de rentrer chez lui. Il est torturé pendant plus de 12 heures puis, relâché. Cette défaite a un goût amer et semble avoir prouvé l’inefficacité du cyber-activisme.

En décembre 2008, l’un des membres fondateurs du mouvement, Ahmed Salah, profite d’un rassemblement de jeunes activistes à New York pour prendre contact avec l’administration américaine et « préparer le terrain » à un déboulonnage du Raïs. D’autres activistes suivront. Aux Etats-Unis, ils apprennent les parades pour déjouer la surveillance policière sur Internet, à protéger leurs informations, leurs échanges. Cette collaboration nuira au M6A vu par certains comme le cheval de Troie des Américains en Egypte. Il n’en faut pas plus pour que certains affirment que la Révolution égyptienne a été voulue et pilotée par les Etats-Unis. En Octobre 2011, c’est Ahmed Maher qui se charge de prodiguer ses conseils aux activistes d’Occupy Wall Street.

Le M6A renoue pleinement avec l’activisme après l’assassinat de Khaled Saïd en juin 2010. Il organise des manifestations silencieuses et symboliquement chargées. Et cette fois, la jeunesse se mobilise d’avantage. Le meurtre de Khaled Saïd, largement médiatisé grâce aux actions du M6A, est considéré comme l’un des principaux éléments déclencheurs du soulèvement du 25 janvier 2011.

En 2010, Ahmed Maher et son mouvement soutiennent Mohammed El-Baradei et le poussent à se présenter aux présidentielles car il est le seul challenger face à Gamal Moubarak qui, semble-t-il, se prépare à prendre la succession de son père (malgré les profondes réticences de l’armée).

 Le soulèvement du 25 janvier, la consécration du M6A et les nouveaux défis

Le M6A est l’un des principaux mouvements à appeler à la révolte le 25 janvier 2011. Imane, la révolutionnaire, faisait alors partie de ce mouvement. Et Isra cesse de renoncer à l’activisme politique. La chute de Moubarak ne signifie pas pour autant la chute du régime. Et dans les mois qui suivent, le M6A maintient la pression contre le Conseil Suprême des Forces Armées en organisant sit-ins et manifestations. “Ceux que nous appelons les forces du mal sont toujours en place” dit Maher, qui signifie par là que les pro-Moubarak occupent toujours des postes clés et ne sont pas vraiment inquiétés par la justice. En juillet 2011,  le CSAF accuse le M6A de semer la division entre le peuple et l’armée. Un général accuse le mouvement d’être piloté depuis l’étranger et d’oeuvrer dans l’intérêt de puissance étrangère. Le mouvement se voit également reproché de recevoir des fonds étrangers. Pour Maher, si le CSAF est si agressif envers son mouvement, c’est que sa force et sa popularité lui font peur. Mais le mouvement a un autre défi à relever. Souvent décrit comme libéral par les analystes, la base du M6A est beaucoup plus large. Les militants, eux-mêmes, se définissant comme modérés, comprennent dans leur rang toute une palette de tendances allant de la gauche aux islamistes. Entre l’hétéroclité du mouvement et les virulentes attaques extérieures, la division (déjà perceptible en avril) apparaît au grand jour. Les dissidents, regroupés autour de Tarek el-Kholi, membre du mouvement depuis 2009, dénoncent le processus de prise de décision. Ils disent que seule une petite élite prend toutes les décisions stratégiques sans jamais consulter la base. Maher réagit en prétendant qu’il n’y a pas de dissension, seulement des membres nouveaux insatisfaits et des indépendants qui ont usurpé le nom du M6A. A partir de juillet 2011, il y a deux M6A (appelés M6A – Maher et M6A – Front démocratique) et une ligne de fracture du mouvement apparaît dans toutes les grandes villes d’Egypte. Chacun des deux mouvements mène des actions distinctes entraînant une certaine confusion aux yeux du grand public.

Maher devant une fresque représentant les martyrs de la révolution. Le personnage central représente Khaled Saïd.

Maher devant une fresque représentant les martyrs de la révolution. Le personnage central représente Khaled Saïd. Source

Présidentielles 2012

Pour les présidentielles, Maher a un un seul mot d’ordre : faire barrage aux appartchiks de l’ancien régime : à savoir Ahmed Shafiq et Amr Moussa. Cette position a pour effet d’agacer Moussa qui a déployé tant d’efforts pour tenter de se démarquer de l’ancien régime. Finalement, le M6A-Maher apporte son soutien à Hisham El-Bastawisi, le candidat du parti socialiste Tagammu. Ce juriste s’est toujours battu pour une justice indépendante. En 2005, pour avoir questionné l’intégrité du scrutin présidentiel, il est poussé à la démission de son poste de vice-président de la cour de cassation et doit s’enfuir au Koweit. Il n’en revient qu’après le soulèvement du 25/01/2011. Hisham El-Bastawisi n’obtient que 0,13% des votes. Au deuxième tour, les discussions pour déterminer la position du mouvement durent . Pour Maher, “une victoire de Shafiq signifierait la fin de la révolution”, il n’est donc pas pensable qu’il gagne. Dans le même temps, les Frères Musulmans n’inspirent pas confiance, Maher les trouve trop opportunistes et fort de leur victoire au premier tour, ils ne tiennent aucun compte des autres forces d’opposition. Pourtant, le 12/06, le M6A – Ahmed Maher annonce qu’il soutiendra Morsi. Le lendemain, le M6A – Front démocratique annonce, quant à lui, son intention de boycotter le deuxième tour. Morsi est élu et les révolutionnaires espèrent qu’il tiendra ses promesses.

Sur la place Tahrir. Crédit Photo : Jess Hill

Sur la place Tahrir. Crédit Photo : Jess Hill

Maher et le M6A sous la présidence de Morsi

Maher est nommé membre de l’assemblée constituante. Contrairement à nombre d’autres mouvements révolutionnaires qui refusent d’y participer arguant que l’assemblée, dominée par les islamistes, est peu représentative, Maher, lui, tient à y être. Lorsque le 10 Octobre, une première version de la constitution est publiée, Maher la critique lui reprochant d’être vague et d’ouvrir la voie à l’autoristarisme. Mi-novembre, en concertation avec d’autres groupes de révolutionnaires, Maher menace de démissionner si la date limite pour la version finale de la constitution n’est pas reportée de deux semaines à trois mois. La constitution sera finalement adoptée en décembre.

Fin janvier, début février, des heurts violents opposent les forces révolutionnaires aux Frères Musulmans, notamment devant le palais présidentiel. La répression est féroce et n’est pas sans rappeler la répression du temps de Moubarak. Pour Maher, “ces incidents pourraient être le début de la chute de Morsi.” Il rajoute que les “actions de la police pendant la présidence de Morsi pourraient conduire à son départ comme ce fut le cas pour Moubarak.” Expérimentant sans arrêt de nouvelles formes de contestation, le M6A inscrit le nom de son Président à la liste des candidats d’un concours sponsorisé par les déodorants Axe dont l’enjeu est un voyage dans l’espace.

Le 6 avril est l’occasion pour le mouvement de célébrer son cinquième anniversaire mais aussi de marcher dans tout le pays pour dénoncer les errements de la présidence de Morsi. “On a soutenu la candidature de Morsi  [au deuxième tour] pour la présidentielle.  Mais maintenant, après qu’il a publié sa déclaration constitutionnelle, qu’il a fait passé de force la nouvelle constitution et qu’il a échoué à satisfaire les objectifs de la révolution, nous avons rejoint les rangs de l’opposition” explique Maher.

Le 10 mai, Ahmed Maher est arrêté à l’aéroport du Caire à son retour des Etats-Unis. Il est accusé d’incitation à la violence lors d’une manifestation organisée en mars, lorsque les membres du M6A s’étaient rassemblés devant la résidence du ministre de l’Intérieur, Mohammed Ibrahim, et avaient jeté des sous-vêtements féminins en direction du bâtiment. Ahmed est libéré le lendemain, mais reste sous le coup d’une enquête pour les faits sus-mentionnés.

 Le M6A et la destitution de Morsi

Le 16 mai, le M6A annonce qu’il rallie officiellement le mouvement Tamarrod (Rebelle) dans leur campagne anti-Morsi. Le M6A rappelle sur sa page Facebook que le but de la campagne est de rassembler 15 millions de signatures avant le 30 Juin réclamant un vote de défiance à l’encontre du Président Morsi afin de l’obliger à tenir des élections présidentielles anticipées. Un mois plus tard, le groupe réitère sa position : il n’a qu’une seule demande, il veut des élections présidentielles anticipées en raison de l’échec du Président Morsi à tenir ses promesses électorales. Lorsque au lendemain des gigantesques marches anti-Morsi, le Ministre de l’Intérieur, le Général Abdel-el Fattah El-Sissi, donne un ultimatum de 48 heures à Morsi pour satisfaire les demandes des manifestants, Maher se dit rassuré. Dans le même temps, le M6A déclare que les gens ne veulent ni des Frères Musulmans, ni des militaires. Comme les autres forces révolutionnaires, le mouvement refuse toute intervention militaire.

Dans le même temps, des rumeurs soutiennent que des membres du M6A ont rejoint les pro-Morsi à Rabaa el-Awadyia. Maher dément. Lorsque, à l’issue de l’ultimatum, l’armée renverse Morsi, on commence, dès le 3 juillet, à sentir poindre une certaine inquiétude chez Maher. “Si l’armée a aidé au renversement de Morsi, j’espère qu’elle n’aura aucun rôle direct comme ce fut le cas avant”. “Je crains que la Révolution du 25 Janvier ne soit oubliée; si la période à venir n’est pas correctement gérée, les “felool” (membres de l’ancien régime) pourraient revenir.” Pas si simple d’avoir soutenu le renversement d’un président démocratiquement élu par une armée agissant en dehors de toute légalité. Un mois plus tard, ses craintes se renforcent et il écrit dans le Washington Post qu’“il y a des raisons d’être très inquiet par les actions des militaires.”. Si son mouvement a soutenu la feuille de route de transition proposée par l’armée, c’est que celle-ci s’engageait à ne pas interférer dans la vie politique égyptienne. Or, “Le rôle croissant que pend l’armée dans le processus politique est déconcertant”. Le reste de sa tribune expose encore davantage sa crainte “Je suis également très préoccupé par l’escalade dans la rhétorique haineuse des médias à l’encontre des Frères Musulmans et des libéraux. Une rhétorique qui encourage l’extermination de toute une faction politique ou qui appelle à l’emprisonnement de ses membres, quelque soit leur position, est totalement inacceptable. Nous avons refusé de traiter les membres du régime de Moubarak de cette manière quand ils ont perdu le pouvoir. Comment pouvons-nous supporter un tel traitement des Frères maintenant? Par ailleurs, je ne peux accepter que, une fois encore, le gouvernement exerce le contrôle des médias sous prétexte de guerre contre le terrorisme. D’après mes précédentes expériences avec les militaires – j’ai été arrêté et battu en raison de mes activités militantes en 2008 – je ne peux m’empêcher d’avoir peur d’être accusé de terrorisme si je critique le nouveau régime. Personne ne peut défendre les erreurs commises par Morsi et les Frères. Mais, n’est-ce pas mon droit de questionner la mort de plus de 100 pro-Morsi, pour beaucoup tués par balles dans la tête ou la poitrine? En dépit de mon soutien à la vague révolutionnaire du 30 Juin et en dépit du fait que c’était un mouvement populaire avant d’être une intervention militaire, je vois maintenant beaucoup à craindre. Je crains l’insurrection contre les principes de la révolution du 25 janvier, le déni continu des droits de l’homme et le développement de mesures restrictives au nom de la guerre contre le terrorisme, j’ai peur que n’importe quel opposant aux autorités soit accusé d’être un terroriste ». Le 15/08, le M6A condamne fermement l’évacuation violente des sit-ins des pro-Morsi ayant entraîné, au minimum, des centaines de morts le 14 août, ainsi que l’incendie de plusieurs églises à travers le pays le même jour.  Quinze jours plus tard, une plainte est déposée à l’encontre d’Ahmed Maher. Il est accusé d’espionnage et d’avoir qualifié la destitution de Morsi par l’armée de “coup d’Etat”. Un peu plus tôt dans la semaine, le procureur général avait ordonné l’ouverture d’une enquête pour espionnage à l’encontre de deux anciens membre du M6A, Asma Mahfouz et Esra Abdel Fattah.

 Dans un interview à Qantara début septembre 2013, Ahmed Maher dresse un bilan bien sombre, non seulement de l’Egypte mais également de son propre mouvement. Il décrit le M6A comme étant totalement paralysé parce que ceux qui ont le pouvoir et qui sont parvenus à retourner l’opinion publique contre eux. Le mouvement a perdu beaucoup de ses membres principalement en raison des intimidations de l’armée mais aussi à cause des pressions familiales. Les familles craignent de voir leurs proches prendre part aux manifestations. “On doit tout recommencer à zéro”. Maher accuse Tamarrod, qu’il reconnait avoir soutenu pour recueillir les signatures, d’avoir toujours souhaité l’instauration d’un Etat militaire. La révolution ne peut se faire en quelques jours, souligne Maher, il faut continuer afin d’offrir à la population une troisième voie entre les islamistes et les militaires.

 Renouveau du M6A et nouvelles répressions

Le 28 octobre, le M6A annonce officiellement qu’il s’est choisi un nouveau leader, Amr Ali, élu avec 56% des voix des membres, remplace Ahmed Maher qui ne s’est pas présenté à sa propre succession mais qui reste impliqué dans le mouvement en tant que conseiller. Le lendemain, Maher appelle à la réconciliation “ Il n’y a plus aucune raison à la continuation d’entités parallèles n’ayant pas de relation avec la mouvance mère”. Une façon pour Maher de faire son mea culpa, reconnaissant du même coup la dissidence et le fait qu’il ait pu être la raison de cette dissidence.

Maher maintient la pression en s’opposant publiquement aux tribunaux militaires pour les civils, à la nouvelle loi encadrant les manifestations. Le 26 novembre, une manifestation contre la tenue de procès militaires pour les civils a lieu au Caire sans autorisation préalable. Elle est violemment réprimée et donne lieu à une cinquantaine d’arrestations. Un mandat d’arrêt est lancé contre Maher, accusé d’avoir incité les gens à protester sans avoir déclaré au préalable le rassemblement selon les procédures stipulées par la nouvelle loi. Maher est arrêté le 30 novembre, relâché le 1er décembre mais doit retourner en prison pour 4 jours le 2 décembre. A ce jour, Maher est toujours en détention et le M6A dénonce ses conditions de détention. Emprisonné à Tora, comme Moubarak jusqu’à fin août et comme Morsi jusqu’à début novembre, il est confiné en cellule d’isolement.

Maher sera jugé au pénal, son procès s’est ouvert le dimanche 8 décembre. Les charges pesant sur l’accusé sont : manifestation sans autorisation (manifestation du samedi 30 novembre), attaque de sept policiers, violence, et entrave à la circulation.

Lors de sa comparution le 8/12, Maher brandit un T-Shirt sur lequel il est écrit "Révoquez la loi sur les manifestations"

Lors de sa comparution le 8/12, Maher brandit un T-Shirt sur lequel il est écrit « Révoquez la loi sur les manifestations »   AFP Photo/Mahmoud Khaled

 

Le procès a été reporté au 22 décembre, date à laquelle un verdict sera rendu.

Mise à jour 1 : Mardi 17, Ahmed Maher a publié un communiqué dénonçant la situation dramatique des droits de l’homme en Egypte. Il s’en est particulièrement pris au Conseil National des Droits de l’Homme qu’il a qualifié de conseil fantoche alors que la torture continue à se pratiquer en toute impunité dans les prisons égyptiennes. Le message a été publié sur la page Facebook du Mouvement du 6 Avril. Privé de papier, Maher aurait écrit son communiqué sur du papier toilette.

Mise à jour 2 : Dimanche 22, Ahmed Maher, ainsi que Mohammed Adel et Ahmed Douma ont été condamnés à une peine de 3 ans de prison ferme assortie d’une période de probation de 3 ans, après leur libération. Ils doivent, de plus s’acquitter d’une amende de 50.000 Livres Egyptiennes chacun. Alors que le verdict était rendu, les trois hommes criaient « A bas la régime militaire ». Sur son blog, Zeinobia rappelle que le M6A est dans une position des plus critiques. En effet, le mouvement est diffamé à longueur de journée dans les médias où on l’accusé d’œuvrer en sous-main pour les Frères Musulmans et d’être financé par l’étranger. Les Felool, et les pro-militaires sont ravis du verdict.

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