La fille de Tahrir … et toutes les autres

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Photo choc : preuve par l’image de la brutalité de la répression menée par l’armée égyptienne à l’encontre des manifestants et plus particulièrement à l’encontre les femmes qui ont été particulièrement ciblées au cours du mois de décembre.

La vidéo ne le montre pas mais d’après les informations dans cet article, la jeune fille a réussi à échapper à ses tortionnaires lorsque des manifestants sont venus à sa rescousse à coup de pierre et que les militaires ont dû reculer. La jeune fille, très choquée a été soignée dans un centre pour ses blessures, avant de rentrer chez elle, complètement ravagée. Elle n’est sortie de son mutisme que pour dire qu’elle désirait garder l’anonymat mais que finalement, elle ne regrettait pas cette photo parce qu’elle démontre la brutalité de l’armée.

Quelle besoin éprouve donc cette armée à s’attaquer ainsi aux femmes et surtout à les humilier en les dévoilant, en les déshabillant, et cela en sachant pertinemment que les images de la répression seront vues.

N’est-ce pas une façon d’utiliser, encore une fois, le corps des femmes pour faire pression sur les hommes?

Les centres de torture égyptiens n’ont-ils pas déjà utilisé le corps des femmes pour faire plier les hommes. Combien de femmes, de mères, de soeurs ont été violées sous les yeux de leurs fils, frères, époux.

Le centre de torture est désormais sur la place Tahrir.

La grande marche des femmes mardi 20 décembre

Lors de la grande marche des femmes mardi dernier, la «fille de Tahrir» était dans tous les esprits, comme en témoigne les coupures de presse brandies par les protestataires.

Ce jour-là, c’était sa journée, c’était la journée de toutes les femmes. elles étaient venues en nombre, elles ont marché des kilomètres et n’étaient pas seules. De chaque côté de la procession, les hommes étaient là, eux aussi, parce qu’il fallait montrer que les femmes ne luttaient pas seules pour leur dignité, parce qu’eux aussi ont été choqués du sort infligés à la fille au soutien-gorge bleu.

Parmi les soutiens, ce jeune homme, brandissant une pancarte «La fille qui a mis à nu les hommes d’Egypte : Epouse-moi!!!»

Cette déclaration me rappelle une fait divers sordide qui s’est passé il y a une vingtaine d’années sur Tahrir aussi. Une jeune fille y avait été violée. Son histoire avait été très médiatisée et avait choqué et ému la population. Lors d’une émission radio, plusieurs jeunes hommes avaient appelé pour demander la main de la jeune fille.
J’entends les esprits chagrins exprimer des réserves, sur le fait qu’une fille, a fortiori violée, ne devrait pas avoir besoin de se marier pour obtenir une reconnaissance sociale et être respectée. Que le mariage ne peut, en aucun cas, être considérée comme l’aboutissement suprême dans la vie d’une femme. Certes. Mais ce n’est peut-être pas la conception de la jeune fille.
Dans un monde presque parfait, une fille violée n’aurait jamais à affronter, en plus du crime dont elle a été victime, l’opprobre publique et le risque de finir vieille fille parce que déshonorée. Mais nous ne sommes pas dans le Meilleur des Mondes, et ici, le viol peut avoir des conséquences terribles pour la femme qui en est victime. Dans ce contexte, les demandes en mariage publiques de ces jeunes hommes ou du jeune homme ci-dessus, sont des actes politiques très forts, une volonté de la part des hommes de faire bouger les choses, de reconnaître la victime en tant que telle et de continuer à la considérer comme une femme digne d’être aimer et épouser.

Pourquoi cette photo a-t-elle autant choquée?
Est-ce le fait que cette jeune fille était visiblement voilée et portait une abaya?
Certains regrettent que la mise a nu semble avoir été pour certains bien pire que le bastonnage. Et que, par conséquent, on en fait trop autour de ce cas et pas assez autour d’autres cas de maltraitance. En ce qui me concerne, que les choses soient claires, ce n’est pas le fait de la voir presque nue qui me choque, c’est le fait qu’elle ait été déshabillée de force. Cela serait tout aussi choquant si la jeune femme était une Occidentale passant ses étés en monokini sur la Côte d’Azur ou si c’était un homme (cf Abu Graïb).

Son image a provoqué l’émotion partout dans le monde, les messages de soutien affluent, mais ils ne sont pas ou ne doivent pas être uniquement destinés à la fille au soutien-gorge bleu. Il n’est peut-être pas souhaitable qu’elle devienne un symbole parce qu’on risque d’oublier toutes les autres.

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