Hommage à mon grand-père, ancien "poilu" de la guerre 14-18

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J’éprouve toujours quelques difficultés à me remémorer le jour de l’anniversaire de mon grand-père, mort 12 ans avant ma naissance. Mais je pense à lui tous les 11 novembre. Je pense à lui et à ses histoires poilus de la guerre 14-18.

Mon grand-père, le jour de son mariage en 1921 (23 ans)

Mon grand-père, le jour de son mariage en 1921 (23 ans)

Les Français n’arrivaient pas au front avant leur 20 ans (cf commentaires : parmi les Allemands, il y avait des gamins de 16-17 ans). Mon grand-père est parti à la guerre en 1917, avec la dernière classe : les appelés nés en 1898. Il va d’abord faire ses classes à Lorient avant de rejoindre le front en février 1918. Beaucoup de taiseux parmi ceux qui ont vécu l’horreur des tranchées, surtout lors de la première bataille de la Marne, principalement à Verdun en 1916. Mon grand-père, lui, parlera. Malgré ses (seulement) 9 mois de guerre, l’horreur ne l’épargnera pas. Il la racontera à ses enfants et ses neveux lors des longues veillées hivernales autour de la cheminée. A mon tour,  j’ai hérité avec mes frères de plusieurs histoires de la Grande Guerre, racontées par mon père, qui ne nous a épargné ni le sang, ni les tripes malgré notre jeune âge. Je l’en remercie. A mon tour de vous raconter quelques unes des histoires de « Pépé Louis », telles qu’elles se sont imprimées dans ma mémoire d’enfant.

« la motte de beurre »

Mon grand-père et son régiment devaient rejoindre une autre position et étaient contraints de passer par un endroit réputé dangereux. Les Allemands tiraient au fusil mitrailleur. Ils avançaient sur le sentier lorsqu’ils entendirent des sifflements de balles. Mon grand-père se retourna, son compagnon de derrière n’avait plus de tête. Son crâne chauve « rebondissait sur le sol comme une motte de beurre ».

« Gaz Moutarde »

Pendant la seconde bataille de la Marne, Louis devait se rendre au Fort de Douaumont pour remettre un pli au Colonel : il était alors vaguemestre. A l’intérieur du fort, dans l’une des nombreuses galeries qu’il emprunta, il vit un chien crevé. Il avança encore et trouva un officier gisant dans une brouette, puis un soldat tomba juste devant lui, par une ouverture : mort. Il se sentit gêné et comprit : le gaz moutarde, il s’enfuit, à temps pour sauver sa vie. Il en garda néanmoins des séquelles jusqu’à sa mort.

« Adieu, mon ami »

11 novembre 1918, Louis était chargé de porter la nouvelle de l’armistice alors que les combats continuaient à faire rage. Cette fois, il était accompagné par un compagnon d’armes, un gars du pays, un peu plus âgé et père de famille. Sur la route, son ami fut gravement blessé par un tir ennemi. Encore conscient, mon grand-père, le porta sur son dos et le mit à l’abri. Il trouva un petit coin tranquille dans un champ ; l’adossa contre un pommier. Il ne pouvait guère faire plus pour l’instant : il était en mission. Il se dit qu’il le reprendrait à son retour et l’emmènerait se faire soigner. Mais quand il revint, il trouva son ami mort. Dans son champ en Bretagne, mon grand-père avait quelques pommiers et une haie, disposés de la même façon que dans son souvenir. Il disait à ses enfants que cet endroit lui rappelait son ami. Il se souvenait de cet ami, mort là-bas, tout seul, contre un pommier de la Marne.

Les Tirailleurs Sénégalais

Louis fut incorporé dans la « coloniale », les tirailleurs sénégalais furent donc ses compagnons d’arme. Pour mon grand-père, qui n’avait jamais dû aller plus loin que 30 kilomètres autour de son village, c’était la première fois de sa vie qu’il voyait des Noirs, non-catholiques de surcroît (1). Cela m’amène à mon histoire préférée.

Sur la Marne, les viticulteurs avaient construit des caves, peut-être sur pilotis. Toujours est-il qu’on y accédait par des ponts provenant des deux rives. Les Français et les Allemands se disputaient le contrôle de la rivière (2° bataille de la Marne en juillet 1918). Les Français prenaient ce point stratégique qu’était le pont menant à la cave. Ils rentraient dans la cave fêter leur victoire. Ils finissaient tellement ronds, que les Allemands arrivaient derrière et n’avaient plus qu’à les « crever avec leurs baïonnettes ». Ils prenaient alors le contrôle de la cave, mais ne valant pas mieux que les Français, se mettaient à boire, finissaient ronds comme des queue de pelle. Les Français arrivaient derrière « trouaient les Allemands » à la baïonnette, prenaient leur place…. Ça aurait pu durer encore longtemps, mais les Français disposaient d’une arme stratégique imparable : le tirailleur sénégalais (pas forcément sénégalais d’ailleurs). Et mon grand-père racontait comment ses compagnons africains postés sur le pont expliquaient les nouvelles règles aux Français qui auraient eu la mauvaise idée de venir se désaltérer le gosier. « Si toi vouloir passer, moi te foutre dedans [la Marne]» Voilà comment les tirailleurs sénégalais ont permis, par leur sobriété, et leur fermeté, de sauver la vie de bon nombre de soldats français…et allemands.

tirailleurs

Lorsqu’il parlait de ces gars venus de loin, Louis ne cachait pas son admiration. La guerre avait été si difficile pour lui et pour les autres, mais comment ces Africains avaient-ils pu supporter la boue, le froid, la neige? Il était rentré dans leur intimité en écrivant leurs lettres et en lisant le courrier reçu d’Afrique. Il faisait de même pour ses compatriotes bretons qui ne parlaient pas français. Il couchait sur le papier les mots en français et traduisait les lettres qu’il recevait (il n’aurait pas été retrouvé de lettres en breton dans la correspondance des poilus).

« Papa, t’as déjà tué un Boche ? » – Une fois, j’ai tiré, j’ai vu un homme tomber sans savoir si c’était moi qui l’avait touché » Et puis, il s’emportait contre les enfants. « Ah ben c’est bien beau de tuer, mais après, quand l’autre il est mort, il me reste quoi… il me reste que j’ai tué un homme. Et cet homme-là, il m’a rien fait, il a pas plus envie que moi d’être là. Il a peut-être une famille, des enfants qui n’ont plus de père. Ah ben j’aurais l’air malin, si je fais des orphelins. » La mauvaise conscience rongeait les hommes et pas seulement après la guerre. Mon grand-père a souvent fait part des interrogations qui agitaient les hommes du front et qui se demandaient « qu’est-ce qu’on fout là ? , pourquoi on se bat ? » Pour éviter que les hommes du front ne réfléchissent trop, on les saoulait, pas trop pour qu’ils soient capables de se lancer à l’assaut, mais suffisamment pour leur donner du cœur au ventre et surtout pour les empêcher de trop réfléchir.

Pour moi, toute l’horreur des champs de bataille de la Marne était résumée dans cette phrase que mon père a entendu de son père « le champ de bataille, c’était 800 kg d’acier, de chair humaine, de chevaux au mètre carré. » .

verdun

En 1988, nous sommes allés en « pèlerinage » à Verdun et Douaumont. Mon père tenait à y aller, moi aussi. J’ai été bouleversée par les tonnes d’os humains exposés à l’ossuaire de Douaumont.

Reliques du front

Un an après la fin de la guerre 14-18 , mon grand-père a compilé dans un cahier tous les chants entendus pendant qu’il était au front.

La "Marseillaise" retranscrite par mon grand-père fin 1919

La « Marseillaise » retranscrite par mon grand-père fin 1919

Il dessinait aussi.

Une Parisienne coiffée « à la garçonne » bien éloignée des femmes qu'il côtoyait dans les campagnes bretonnes.

Une Parisienne coiffée « à la garçonne » bien éloignée des femmes qu’il côtoyait dans les campagnes bretonnes.

Sa maîtrise du français était assez rare pour un Breton de sa condition, un simple laboureur. La guerre 14-18 a été le moyen pour l’État français d’évaluer assez finement le nombre de régionaux ne parlant pas le français. D’après mon grand-père, le fait que les soldats bretons ne parlaient pas le français leur a valu bien des déboires… Dans la boue et le brouillard, les Bretons ont parfois été pris pour des Allemands par leurs compagnons d’armes …. Fin tragique. Grâce à son excellente maîtrise du français, mon grand-père a non seulement été vaguemestre, mais il a aussi rédigé les correspondances entre militaires en plus de celles, plus intimes, de ses compagnons.

Autre trésor de guerre : le casque à pointe. On ne sait pas comment il l’a obtenu, les Allemands ont porté ces casques pendant les deux premières années de guerre, mais face aux éclats d’obus, il a vite été prouvé qu’ils n’étaient pas plus efficaces que les casquettes des Français. Quand mon grand-père est arrivé au front, ce type de casque n’était plus utilisé. Toute mon enfance, ce casque m’a fascinée, En grandissant, j’ai eu de plus en plus de mal à l’enfiler sur ma tête d’enfant, j’en ai conclus que les Allemands, à l’époque en tout cas, avaient de bien petite tête.

Complet, notre casque devait ressembler à celui-ci, malheureusement, il n'est pas en si bon état.

Complet, notre casque devait ressembler à celui-ci, malheureusement, il n’est pas en si bon état.

Quand la guerre a de nouveau éclaté et que les Allemands ont occupé toute la région, le casque à pointe est devenu un souvenir bien encombrant. Mon grand-père n’avait pas du tout envie que les Allemands le trouvent et le tiennent responsable d’avoir tué l’homme qui avait, un temps, été dessous. Alors, il est allé le cacher dans l’énorme chêne creux au bord de la rivière. Le casque à pointe restera planqué là pendant toute la guerre, jusqu’à ce que mon grand-père soit sûr que les Allemands ne reviendraient plus.

Soutien de l’État français aux anciens combattants

Il a touché, jusqu’à sa mort, un petit pécule d’ancien combattant, qu’il tenait à récupérer à la mairie de son village tous les ans. C’était dérisoire, avec la totalité du montant de sa pension, il achetait quelques mètres de corde chez le cordier sur le chemin du retour « C’est pas pour la valeur, c’est pour le souvenir» disait-il.

D’une guerre à l’autre

En 44, lorsque les Américains ont repoussé les Allemands, ils ont fait des prisonniers. Le chef d’exploitation de la ferme voisine étant en détention dans une ferme en Allemagne depuis 1940, son épouse a pu demander qu’on lui remette un prisonnier allemand pour l’aider aux travaux des champs. Il s’appelait Rolph, il était de Hambourg. Un jour, il a demandé à mon grand-père l’autorisation de venir chez lui pour suivre la messe du dimanche à la radio. Mon grand-père l’a accueilli. Pour avoir fait ça, il s’est fait traiter de collabo par des réfugiés lorientais qui vivaient chez lui(2). Mon grand-père a pris le vieux par la manche « je suis maître chez moi, je reçois qui je veux, les Français en Allemagne sont bien traités dans les fermes. Cet Allemand-là, il est le bienvenu chez moi, mais si ça te plaît pas, la porte est grande ouverte. » Rolph était un gars bien. Les enfants, dont mon père, l’aimaient beaucoup.  Ce jour-là, Rolph s’est excusé des problèmes causés par sa présence. Il a dit à mon grand-père « Un jour, il n’y aura plus de guerre et on se serrera la main ». Mon père a été très marqué par l’extraordinaire fermeté des propos de son père et par la bonté de l’Allemand. Il ajoute « Il n’était pas seulement bon, il était aussi clairvoyant. » (3)

kohlmit

« Papy fait de la résistance »

Mon grand-père, qui en tant que poilu de la Grande Guerre n’avait rien à prouver à personne, a tout de même commis un héroïque acte de résistance pendant la 2° Guerre. Son beau-frère, qui vivait à côté, avait une jument complètement folle, qui, de temps à autre, faisait des crises de délire. Une vraie carne avec laquelle il était devenu impossible de travailler. Une fois, elle avait complètement détruit son box et envoyé valdinguer les veaux dont un s’était retrouvé au grenier…Ils avaient même du mal à la nourrir. A cette époque, les Allemands ont annoncé qu’ils allaient réquisitionner des cheveux contre compensation financière. Mon grand-père et son beau-frère se sont dit que si les Allemands pouvaient prendre la vieille carne et qu’en plus ils recevaient une compensation, ça serait une sacrée bonne affaire. Alors, ils sont allés à Sainte-Anne d’Auray, à pied, prier pour que les Allemands réquisitionnent la jument. A leur retour, ils se sont dit que ça ne serait peut-être pas suffisant. Alors, ils ont demandé au vétérinaire de venir faire une piqûre de tranquillisants à la carne. Ainsi droguée, la jument s’est paisiblement rendue jusqu’au champ de foire. Les deux hommes ont tenté de prévenir les Allemands « Attention, cheval méchant ». Les Allemands ont jeté un coup d’oeil à l’animal passif, lui ont tapoté la croupe et ont répliqué. « Non, ça gentil cheval, très bon cheval ». Et sûrement de penser « Pauvres paysans capables de dire n’importe quoi sur leur bête pour ne pas avoir à s’en séparer ». Ils l’ont embarquée. Il paraît que les Allemands ont eu beaucoup de mal à la conduire jusqu’à la gare. Une fois dans le train, elle a fait sa crise, et a saccagé tout un wagon : les Allemands ont dû l’abattre.

Le manchot cul-de-jatte des Invalides

Pendant la guerre, la ferme de mes grands-parents avait permis à certaines familles de la ville de se ravitailler sans avoir à passer par le marché noir. C’était le cas de ce cheminot parisien, qui, grâce à son métier pouvait voyager gratuitement en province chaque mois. Il achetait à mon grand-père des produits de la ferme.  En 1946, voulant remercier les paysans bretons « qui [leur] avaient sauvé la vie » : il invita toute la famille à Paris. Ma grand-mère Marie, sa soeur Amélie et une amie acceptèrent l’invitation. Et c’est en coiffes traditionnelles qu’elles firent une visite touristique de la capitale. Lorsqu’elles visitèrent les Invalides, les infirmières leur parlèrent d’un des hospitalisés. : un »rescapé » de la Grande Guerre qui n’avait plus ni bras, ni jambes. Mais le plus dramatique était que l’homme ne parlait pas français, mais une langue étrangère que personne ne comprenait.  Intriguée, Marie alla à la rencontre de l’homme et lui demanda en breton vannetais « D’où viens-tu? » L’homme, muré depuis trop longtemps dans son silence, ne répondit pas mais ses yeux s’illuminèrent. « Tu aimerais revenir au pays? »  » Oh oui, je voudrais retourner au pays » répondit-il enfin avec des trémolos dans la voix. Éberluées, les infirmières qui accompagnaient les visiteuses appelèrent leurs collègues. Le manchot cul-de-jatte des Invalides parlait pour la première fois en 30 ans avec quelqu’un qui le comprenait.

 

Pour finir, j’aimerais partager avec vous la photo de ce monument aux morts. Il est à mes yeux, le plus beau et le plus émouvant de tous les monuments aux morts que j’ai pu voir en France et surtout en Bretagne. On ne voit pas bien sur la photo, mais la femme à sa main gauche posée sur l’épaule gauche de son époux. Le costume traditionnel breton porté par ce couple gravé dans la pierre est le même que celui porté par mes grands-parents le jour de leur mariage en 1921.

Le monument aux morts de Baud (56)

Le monument aux morts de Baud (56)

Sa description sur le site Topic Topos : « Le monument, dû à un sculpteur lorientais, ne représente pas le traditionnel poilu au front mais un couple de Baudais en costume traditionnel se recueillant devant un casque posé au sol, symbole du fils disparu. Cette scène est sculptée dans du kersanton de couleur noire pour accentuer l’effet d’affliction. Les bas-reliefs en bronze sur le socle représentent quatre épisodes de la vie du soldat, de son départ en train pour le front à sa tombe dans le cimetière militaire. »

Dédicace

J’avais songé depuis un petit moment à rédiger un tel billet, et puis, je me suis dit que ça faisait partie de l’histoire familiale et que ça n’intéresserait pas grand monde. Le 11.11.11 vers 1.00 du matin, je me suis contentée de poster quelques tweets reprenant grosso modo le début du texte ainsi que l’anecdote de la cave. J’ai eu des retours très positifs et j’ai été très émue de voir que l’histoire de mon grand-père touchait des gens d’horizons si différents. C’est grâce à eux que je publie ce billet sur ce blog. S’ils m’ont « poussée » à publier, cet hommage a été écrit avant tout pour mon grand-père, pour mon père qui m’a rappelée quelques éléments, que j’avais oubliés ou mélangés, pour ma famille, mes quatre cousines et leurs enfants, et pour mes enfants. Ce témoignage fait partie de cet héritage immatériel que l’on se transmet de génération en génération. Je  tiens, à mon tour, à transmettre cet héritage à mes enfants, pour qu’ils sachent qui ils sont, d’où ils viennent. Pour qu’ils sachent comment la petite histoire de leur ancêtre est liée à la Grande Histoire.

Notes

(1) La deuxième fois que mon grand-père verra des Noirs (et la première fois pour mon père âgé alors d’une douzaine d’années), ce sera peu après le Débarquement. Mon père se souvient « Ils [Les Américains] les avaient parqués là, dans le champ de [le voisin] comme des bêtes ». A l’époque déjà, les habitudes du libérateur Yankee choquaient quelque peu les populations locales.

(2) Lorient avait été quasi intégralement rasée par des bombardements alliés qui n’ont pu, malgré les 4000 tonnes de bombes déversées, détruire leur objectif principal : la plus grosse base sous-marine allemande de la côte atlantique. Lorient constituera une des dernières poches de résistance à l’avancée des alliés. Les Allemands ne déposeront les armes que le 10 mai 1945. Mon père se souvient avoir vu, enfant, un bombardier larguer 3 bombes non loin de la ferme. Les bombes n’ont jamais explosées et n’ont jamais été retrouvées.

(3) A l’évocation de cet épisode, je ne peux m’empêcher de penser à l’excellent livre de Jean Vercors, « Le silence de la mer » et à son époustouflante adaptation cinématographique. Un de mes livres et films préférés.

Mise à jour : Plusieurs personnes ont réagi à ce billet (voir les commentaires), je les en remercie. Certains ont relevé des inexactitudes. Notamment concernant l’âge des appelés : beaucoup de poilus sont morts au front avant leur 20 ans. C’est vrai. Ce que je rapporte ici n’a pas prétention d’être une vérité historique, elle est l’histoire transmise oralement par mon grand-père à mon père qui à son tour nous la transmise.

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16 réponses à Hommage à mon grand-père, ancien "poilu" de la guerre 14-18

  1. Mémé dit :

    Très beau, très émouvant.

  2. Petit-fils de poilu dit :

    Le mien (que j’ai très bien connu) a vu se réaliser le rêve absolu de tous ses camarades, qu’il confirmait chaque année lors de sa cuite réglementaire du banquet du 11 novembre avec ses copains, enfin avec ceux qui avaient survécu: il a été dès le début légèrement blessé et fait prisonnier. Ce qui lui a valu (certes pas toujours drôle) de bosser 4 ans dans une ferme en Allemagne et d’échapper à cette boucherie abjecte. S’il était resté vivant au front jusqu’en 1917, il aurait probablement fait partie des mutins traîtres à la Patrie.

    Voilà, c’est mon hommage à mon grand-père Arthur.

  3. Xavier Ducreux dit :

    Je pense que vous avez oublié d’écrire le nom de votre grand-père.
    Je pense qu’il est important de le dire. Mon grand-oncle a été résistant pendant la Deuxième Guerre, arrêté et torturé par la Gestapo, déporté à Dora et puis Buchenwald. Il y est resté pendant 10 mois, dans les camps. À chaque foi que je le peux, je le dis: il s’appelait Roger Pannier.
    Pour qu’on ne les oublie pas.

  4. novinha56 dit :

    Il s’appelait Louis, j’ai rajouté son nom sous sa photo.

  5. Petit-fils de poilu dit :

    Et, détail qui a son importance, mon grand-père n’aurait sûrement pas aimé prendre sa cuite tous les novembre 11th !!!

  6. micheline dit :

    Mon arrière-grand-père s’appelait Victor. Il a été gazé au chemin des dames …handicapé, il est tout de même retourné travailler à la mine car il avait trois enfants. Il est mort en 1921. Mon grand père avait douze ans. Sept des hommes de la famille sont morts durant la « grande guerre ». Mon grand père est un des seuls survivants : il était trop jeune pour partir…Une anecdote qu’on nous racontait, quand nous étions enfants. Alors que mon arrière grand père agonisait, l’une de ses tantes, Zoé, a apporté deux oeufs. Ils est mort la nuit même, sans avoir eu le temps de les manger. Elle est venue les réclamer, le lendemain : … »Rindez min mes ouès, m’fill, a c’t'heure inna pu b’soin… »

  7. micheline dit :

    Ah oui, ils étaient tellement pauvres que mon arrière grand mère n’a pas eu les moyens de payer pour faire graver son nom sur le monument aux morts…

  8. tungstene dit :

    Je n’ai connu de cette époque, que des objets trouvés dans une maison que mes parents avaient achetée. Le fameux casque à pointe(lui aussi très petit) que vous évoquez ainsi qu’une grande baïonnette et une dague où l’on avait gravé cette terrible phrase: Jean Valette sur une face et sur l’autre Le nettoyeur de tranchées. Je n’étais pas encore un ado , mais ces souvenirs d’une enfance bien lointaine m’ont inspiré l’année dernière un petite texte que vous trouverez en lien.

  9. lulu dit :

    Vous avez eu de la chance (si on peut dire) que votre grand-père ait parlé de sa guerre. Dans la plupart des familles, une chappe de plomb est retombée sur cette période. Particulièrement en Bretagne, où nos familles ont beaucoup donné, y compris dans les années suivant la guerre.

    Ma grand-mère maternelle a perdu son premier mari en 1918. Elle s’est retrouvée veuve avec un enfant d’un an. Elle s’est remariée, avec mon grand-père, avec qui elle a eu ma mère et deux autres enfants. Mon grand-père paternel, lui, a perdu un frère le premier mois de la guerre, puis son beau-frère. Son futur beau-père (mon arrière-grand-père) a été gazé et il en est mort en 1922.

    Quand je regarde aujourd’hui la photo de mariage de mon grand-père paternel en 1919, j’en suis retourné : il y a deux femmes pour un homme sur la photo. La moitié des hommes sont absents.

  10. novinha56 dit :

    @petit-fils de poilu Vous avez bien raison : il faut que je règle ce problème

  11. Dom dit :

    « Les Français n’arrivaient pas au front avant leur 20 ans »

    Regardez tous ceux qui sont morts au front avant leurs 20 ans, les archives des armées sont en ligne :
    http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?rubrique41

    Vérifiez avec le formulaire de recherche
    http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?page=base_recherche&_Base=MPF1418&_Action=1

    Par exemple avec l’année de naissance 1901 et les noms commençant par B
    Cliquer sur un nom, exemple :
    BUISSON Pierre, né le 01-05-1901, Sergent
    Mort pour la France le 26-12-1916
    (même pas 16 ans !)
    Suite de blessure de guerre.

    Un autre exemple :
    GILLET Louis, né le 28-02-1900, 2ème classe
    Tué à l’ennemi le 30-10-1918
    (18 ans !)

    Mais bizarre, pour plein de très jeunes engagés sont morts pour cause de grippe !

  12. Dom dit :

    Pardon, pour mon premier exemple, à peine plus de 16 ans, qui semble être l’age minimum.

  13. novinha56 dit :

    @Dom et aux autres
    Merci d’avoir relevé.
    Je tiens à préciser que j’ai beaucoup écrit selon mon souvenir ou suivant l’histoire familiale (la légende familiale). J’ai tenté d’éviter les incohérences trop flagrantes. Par exemple, dans mon souvenir, mon grand-père avait fait les tranchées à Verdun. Or, étant arrivé au front début 1918, c’est peu probable. J’ai essayé de vérifier certains faits, par exemple le gazage du fort de Douaumont courant 1918. Je n’ai rien trouvé là-dessus, je l’ai tout de même rapporté parce que c’est un récit important inscrit dans l’histoire familiale. J’ai aussi des doutes sur la proximité entre le régiment de mon grand-père et le régiment des tirailleurs sénégalais. Il les a vus, il a été marqué par leur présence mais ont-ils été ensemble sur le champ de bataille?
    Pour cet article précis, mon but premier était de raconter une histoire conforme à ce que j’avais entendu et non pas de raconter l’Histoire. Ceci dit, détestant écrire des choses fausses, je suis reconnaissante à tous ceux, comme @Dom qui pourrait rectifier certaines de ces erreurs. Ca nous aide aussi.
    Mon grand-père n’est parti « qu’à » 19 ans et a fait ses classes jusqu’à son 20° anniversaire. C’est à 20 ans tout rond qu’il est arrivé sur le front.
    Par ailleurs, je vois qu’il y a des listings de tous ceux qui sont morts pour la France. Peut-on trouver des listings avec le nom des appelés. Nous ne savons pas quand, ni d’où il est parti. Nous ne savons pas avec quel régiment il était.

  14. novinha56 dit :

    @tungstene Joli texte que je recommande.
    Parmi les « reliques » perdues : la croix de guerre et surtout les lettres qu’il avait écrites à et reçues de sa « marraine de guerre ». Grosse perte.

  15. Tad dit :

    Bonjour,
    Mon grand-père aussi a passé ses jeunes années au front. Il en est revenu si abimé qu’il est mort en 1922. Sa veuve a été déclarée « Veuve de Guerre » et ses enfants « Pupilles de la nation ».
    Je lui ai dressé une stèle virtuelle sur le site :
    http://cruguel.selarou.com

    Quelqu’un pourrait-il me dire comment faire pour que le nom de mon grand-père soit inscrit sur le monument aux Morts de son village ?
    Merci

  16. Remi Masson dit :

    Tres tres belles images!

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