Visite guidée dans l'enfer des préfectures françaises.

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J’ai croisé durant ma scolarité pas mal d’étudiants étrangers qui me racontaient leurs galères avec leur renouvellement de titre de séjour. Je me souviens particulièrement d’un Bulgare qui devenait littéralement malade une semaine avant de se rendre en préfecture. On leur parlait mal, on les rembarrait pour le moindre truc manquant. Il était sensible : il est reparti avant la fin de son cursus.
Depuis quelques mois, je suis de nouveau le témoin des mésaventures d’un couple d’amis. Cet été, leur galère semble avoir atteint le paroxysme. Ils se sont longuement confiés, me communiquant leur sentiment de désespoir, d’injustice et l’humiliation qu’ils ont ressentie. J’ai eu honte parce qu’on se sent un peu responsable (à tort ou à raison ?) en tant que Français de la façon inhumaine dont notre pays traite les étrangers. Je me suis sentie impuissante parce que je n’ai pas d’oncle préfet ou haut fonctionnaire, je ne suis dans les petits papiers de personne, je ne peux donc rien faire pour les aider. Je répugne à utiliser ce genre de méthode, mais d’après ce qu’ils ont constaté le copinage et le piston, sont la seule façon de faire aboutir les demandes dans des délais raisonnables. Leur histoire n’est pas extraordinaire, des milliers d’autres non-nationaux vivent la même chose quotidiennement. Mais plus c’est la crise, moins on s’en préoccupe. Ils ont cependant besoin de crier leur indignation et j’ai la possibilité de leur laisser un espace ici.

Y. et S. n’ont pas encore 30 ans, ils n’ont pas la même nationalité, sont nés loin de la France dans des pays dont ils n’étaient ni l’un, ni l’autre ressortissants. Cependant, ils ont en commun le français qu’ils ont acquis dans un lycée français réputé de l’étranger où ils se sont rencontrés. Le prestige de la France, bien qu’il s’étiole, est encore palpable dans de nombreux pays, les lycées français y sont très prisés et enseignent aux élites. Après le bac, ils se sont perdus de vue, puis retrouvés … en France où ils ont tout naturellement poursuivi leurs études. Ils se sont mariés. Elle a obtenu son master, il a soutenu sa thèse et a trouvé immédiatement du travail dans une start-up au moment où leur fille naissait. Et les ennuis ont commencé.

Ils déménagent fin février dans l’Essonne et se renseignent immédiatement pour effectuer leur changement d’adresse et demander un TIR pour leur fille (sorte de visa pour les enfants nés en France leur permettant de rentrer en France après un séjour à l’étranger ; ce n’est pas un titre de séjour). Malheureusement, ces démarches ne peuvent se faire par voie postale, ils doivent venir chercher les dossiers aux guichets. Difficile pour Y. de prendre des RTT ayant à peine débuté son nouveau job ou pour S. de faire la queue pendant des heures avec un nourrisson. Ils récupèrent finalement tous les dossiers le 20 avril et les renvoient par la Poste à la Préfecture d’Évry le 23. Mais le dossier du TIR leur revient le 20 juin, le changement d’adresse doit se faire avant la demande de TIR. De plus, les dossiers ne peuvent plus être envoyés par la Poste depuis le 1er avril. Ils se déplacent, expliquent qu’ils ont suivi la procédure qu’on leur avait indiquée. Ils se voient répondre « Bah, la personne qui vous renseignés s’est trompée ». Ils essaient une dernière tentative désespérée, est-il possible de faire un truc temporaire juste pour les vacances d’été pour que les grands-parents puissent voir leur petite-fille. La fonctionnaire les engueule « Oui oui, je sais tous les grands-parents sont malades et vont mourir ; vous devez faire votre changement d’adresse avant ». Ils n’ont aucune nouvelle du dossier de changement d’adresse, dont les services préfectoraux ont perdu la trace.
Mais début juillet il y a plus urgent que le changement d’adresse ou le TIR, il faut lancer la procédure de renouvellement des titres de séjour. J’ai (beaucoup) résumé les détails de la procédure d’après ce que mes amis m’ont rapportée. Y. vous raconte la suite :

« Lundi 11 juillet. Ayant entendu dire qu’il fallait y aller tôt, j’arrive à la préfecture d’Évry à 4h du matin. Il y a déjà 200 personnes ! On m’apprend que les policiers distribuent à partir de 7 heures des tickets : ils n’en délivrent que 150. Je sais donc que je n’en aurais pas. Cependant, les policiers nous assurent qu’on peut rentrer sans ticket mais sans garantie de pouvoir passer. Le guichet ferme à 15h. J’ai posé un RTT, je tente le tout pour le tout. Mon tour arrive à 14h30. Chouette, j’ai bien fait d’attendre. Non! « Il faut venir plus tôt et avoir un ticket pour déposer le dossier. » Naïvement, je demande « Quand plus tôt ?, je suis là depuis 4h du matin ». Un employé m’explique qu’il faut passer la nuit sur le trottoir et essayer d’être parmi les 150 premiers pour avoir un ticket! C’est aberrant! mais il le dit de manière très naturelle.

Je reprends un 2e RTT et y retourne à 11h30 un jeudi soir! Il y a environ 130 personnes devant moi. Je devrais donc avoir un ticket vendredi matin. A 7h du matin, on commence la distribution et surprise… Aujourd’hui, ils ne distribuent que 130 tickets, sans raison apparente, les horaires indiqués sont les mêmes le vendredi. Je suis 133°!!! 7h30 d’attente pour rien. Je ne saurai décrire ce que j’ai ressenti.

J’aurai dû en rester là. Mais je me suis dit, lundi, il y a beaucoup de monde, vendredi les employés partent plus tôt en weekend. Mercredi, il n’y pas de dépôt de dossier à la préfecture. C’est uniquement sur rendez-vous. Donc, je vais tenter mardi.

J’arrive à 21h lundi soir. Il y a 80 personnes mais plusieurs listes. Des femmes disent être là depuis dimanche!!! 4 heures du matin : il pleut. 6 heures : on arrête une des voitures de police qui patrouille, pour mettre un peu d’ordre. Chose faite, je suis toujours dans les 80. Cette fois, le ticket est pour moi.
7h : il pleut toujours, c’est l’ouverture du portail extérieur et normalement la distribution des tickets. Les premiers rentrent mais il n’y a toujours pas de ticket. Puis d’un coup une bousculade monstrueuse, les femmes qui hurlent, sans doute tombées, piétinées. La pression est telle que moi-même, je manque de trébucher et de marcher sur ceux qui sont devant moi. Une scène hallucinante, surnaturelle, de chaos. 9 heures : les premiers rentrent. Je reste ainsi sous la pluie encore deux heures. 11 heures : j’obtiens enfin un ticket! Je rentre dans le bâtiment et j’attends mon tour. 14H15 : je présente le fameux ticket et ma demande de renouvellement. « Non, il n’y a plus de ticket pour le renouvellement, celui-là c’est pas le bon ticket, il faut revenir plus tôt ». J’explique mon parcours, – j’ai un ticket, je suis là avant 15h comme c’est demandé, j’ai passé 3 nuits dehors, pris 3 journées de RTT… prenez juste le dossier, il est complet. – Non. – Donnez-moi un rendez-vous. – Non.

C’est très long, désolé, mais je passe beaucoup de détails. Ce n’est pas un cas isolé. Des centaines de personne vivent chaque jour le même enfer.
J’ai rencontré une femme médecin qui est venu 3 fois pour déclarer son changement d’adresse.
Un autre couple a déposé une demande de changement d’adresse en mars. Sans nouvelle, ils sont revenus plusieurs fois et finalement, la demande est perdue. « Êtes-vous sûrs d’avoir déposé un dossier ? »
Pas de changement d’adresse => pas de document de circulation pour les enfants donc pas de vacances. Pourtant j’ai lancé les démarches en avril.

Les étrangers en France n’intéressent personne. Du coup, tout le monde s’en fout. Est-ce normal de demander aux gens de dormir sur le trottoir et au bout de 17h dont 7h sous la pluie sans abri, une employée te parle avec mépris et te dit qu’il faut revenir. C’est normal de faire la queue pendant plus de 24h pour un bout de papier à renouveler.
Il n’y a pas de queue prioritaire pour les femmes enceintes ou avec des enfants en bas âge, ni pour les personnes âgées. C’est humiliant, indigne du pays des droits de l’homme. Et ça ne gêne personne.
Normalement, l’accueil des étrangers c’est un « service ». Ces agents sont à notre service pour accomplir les procédures concernant notre séjour en France. Or, ils nous accusent de mensonges, nous engueulent, nous traitent comme des merdes. Pourtant, on n’est pas des « voyous », ni des voleurs, ni…. On bosse, on paye des impôts. On ne respecte pas moins la loi que les Français eux-mêmes.

Voici un reportage de BFMTV à la préfecture d’Évry
[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xjll81_nuits-d-attente-a-la-prefecture-pour-un-dossier_news[/dailymotion]
Mais ça ne montre pas vraiment ce qu’on endure là-bas. On n’est pas espacé comme ça dans la file d’attente, on ne voit pas les bousculades. La police a même utilisé du gaz lacrymogène plusieurs fois comme en témoigne cette autre vidéo.
[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xibzb0_des-etrangers-gazes-a-la-prefecture-de-l-essonne_news[/dailymotion]

Sur ces vidéos, on ne voit pas l’humiliation qu’on subit après avoir eu froid, avoir été bousculé, piétiné et même gazé. On ne voit pas le contact avec les employés qui nous disent « il faut passer la nuit devant préfecture pour espérer avoir un ticket ». C’est pas dit que le nombre de tickets varie selon leur bon vouloir. Bref, ayant vécu ça, ces reportages sont en deçà de la réalité.

Un article du Parisien sur le calvaire des étrangers à la préfecture de Palaiseau :

Ces articles ne sont pas assez médiatisés alors que c’est un scandale quotidien. »

Dernières nouvelles de mes amis. Début septembre, la Préfecture d’Évry leur a renvoyé un des deux dossiers de changement d’adresse (qu’ils ont retrouvé). Sur un post-it, on leur explique que c’est trop tard pour faire le changement d’adresse, il faut faire le renouvellement des titres de séjour directement. La note sur le post-it précise que le renouvellement doit se faire à Palaiseau alors qu’on leur a, plusieurs fois, assuré que c’est à Évry qu’il fallait le faire.
De toute façon, pour eux, la préfecture d’Évry et de Palaiseau, c’est terminé. Ils ont décidé de déménager dans un autre département en espérant que dans leur nouvelle préfecture, ils seront mieux traités.
Ça ne se passe pas toujours de cette manière. Il existe des pays où tout peut se faire par voie postale (États-Unis, Suède), où l’étranger n’a pas à passer par la case humiliation pour obtenir ses papiers. Des solutions existent pour les étrangers en France. Mais il n’y a aucune volonté politique pour leur faciliter la vie. Au contraire, les préfectures sont devenues des machines à fabriquer des sans-papiers aisément expulsables. Et on nous parle d’immigration choisie. Si Y. et S. ne parviennent pas à régulariser leur situation rapidement, je serais la première à leur conseiller de quitter la France. Ils n’auront aucune difficulté à trouver des cieux plus cléments.
La lourdeur bureaucratique française n’est pas réservée aux seuls étrangers comme en témoigne l’extrait du film d’animation « les 12 travaux d’Astérix » presque aussi caricaturale que les services préfectoraux de l’Essonne.
[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xafzxn_la-maison-qui-rend-fou-les-12-trava_lifestyle[/dailymotion]
Le mot de la fin revient au préfet d’Astérix : « Vous voilà renseignés, Messieurs. Vous voyez qu’il n’y a pas de raison de s’énerver ».
PS de Y. : Tu plaisantes Bécassine! La phrase ci-dessus, on me l’a vraiment sortie à la Préfecture!

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35 réponses à Visite guidée dans l'enfer des préfectures françaises.

  1. wilnock dit :

    Je suis francais et reside a l’etranger depuis plus de 5 ans, en Asie du Sud-Est, j’ai eu droit a ‘presque’ le meme traitement pour faire refaire mes papiers de sejours. Mais le pire, ce sont les demarches pour obtenir un titre de sejour pour ma femme, meme apres 3 ans de vie commune, on me demande encore des lettres de garants, et un enregistrement au commissariat a l’arrive dans l’espace shengen, etrangement quand on entre par un autre pays que la France, on a beaucoup moins de problemes…

  2. Nath dit :

    C’est à peine croyable… j’ai déjà entendu des histoires kafkaiennes sur le sujet mais ce récit est ahurissant.

  3. Nathaly dit :

    Merci Becassine pour cet article edifiant. C’est honteux et bouleversant. Mon pere, qui est allemand, marie a une francaise depuis pres de 40 ans avait un rdv pour obtenir la nationalite francaise, apres avoir decide de prendre sa retraite en France (Herault) et souhaitant donc devenir citoyen actif du pays. Il est reparti bredouille (« Monsieur, nous devons verifier votre casier, revenez dans 1 ans- ok, soit, inutile de lui envoyer un pompeux courrier le convoquant afin de « devenir francais » dans ce cas la) mais surtout honteux du traitement preferentiel auquel il a eu droit. En gros, on l’a fait passer avant la longue file d’attente composee de magrebins et d’africains. Il dit qu’il n’oubliera jamais ces regards lances de la file d’attente, d’autant plus que sa carriere s’est faite essentiellement en Afrique. Et d’avoir eu honte d’etre europeen. De se souvenir de toute la chaleur de l’accueil qui lui a toujours ete reserve partout en Afrique. D’avoir pris soudainement pris conscience de l’aspect derisoire de sa propre demarche. Que tes amis ne soient pas encore partis releve du miracle, leur attachement a la langue de Moliere leur permet d’avaler bien des couleuvres. Mais quand la dignite humaine est a ce point bafouee, j’ai envie d’hurler ma honte d’etre francaise. Aujourd’hui expatriee a l’etranger, je n’envisage pas de retour en France possible a cause de la politique actuelle generale et en particulier envers les etrangers, ce type de recit ne faisant que me conforter dans ma decision. J’ai quand meme le bide noue de lire a quel point on tombe bas dans notre « pays des droits de l’homme ». Merci Becassine

  4. Hady Ba dit :

    Étranger, même préfecture que vos amis! Je confirme tout.

    Notez qu’après ce parcours du combattant, on paie 85 euros par tête de pipe en plus de la taxe que paie notre employeur pour avoir le droit de nous recruter. La dernière fois, j’ai fait le calcul: j’étais le numéro 139 (dans la file des travailleurs) vers midi. Cela fait 11815 euros dans la matinée qui reviennent à la Préfecture! Cette année, j’ai récupéré mon titre de séjour 18/08/ et il expirera de toute manière le 31 décembre.

    Perso, j’ai de la chance, je bosse pour le CNRS qui ne me pose pas trop de problèmes quand je ne reçois pas mon titre de séjour à temps. Le pire, c’est ceux qui bossent dans le privé avec un boss qui n’a pas l’habitude de recruter des étrangers et qui les vire souvent quand il se rend compte qu’il ne suffit pas de payer pour avoir son employé, qu’il faut en plus accepter de perdre du temps chaque année.

  5. Bibi dit :

    Une petite recherche sur google avec les termes préfecture et evry, et hop, vous trouvez des récits de ces pratiques honteuses dès la première page et à n’en plus finir. Excellent publicité pour la ville et la région. Que fait le maire de gauche ?

  6. Emigrante dit :

    Cela dure depuis des années et je veux bien croire, en vous lisant, que cela s’est dégradé ces derniers temps.
    Avec un époux africain ingénieur, moi-même universitaire, et des enfants métissés dont on ne sait pas bien ce qu’il adviendra dans le futur qu’on nous laisse entrevoir dans notre propre pays, nous avons fait le choix de partir, tout simplement.
    Ces situations constantes d’exclusion, d’humiliations et de vexations nous étaient devenues insupportables.

    Installés en Tunisie, nous ne regrettons absolument pas notre choix.

  7. tijani dit :

    Je suis français et ma femme étrangère, résident en Essonne donc même préfecture que vos amis.
    En lisant ce témoignage j’avais l’impression de revivre ce que j’ai enduré au mois d’avril dernier.
    C’est vraiment une honte pour le « pays » des droits de l’homme !!
    Mais vraiment le pire dans ce périple, c’est surtout le moment ou vous vous présentez DEBOUT au guichet !
    Oui debout avec mon épouse enceinte et une personne vous répondant de manière très agressive, peut être parce qu’elle n’a pas eu de pause café depuis 9h du matins ( alors que nous étions debout dans le froid depuis 17h la veille !!!)
    Merci Bécassine, merci Y et S de médiatiser ce problème qui dure depuis 2008…. bizarre c’était pas juste après l’élection de Nicolas ??

  8. najat dit :

    bobiny c’est pas mieux mon maris souffre vraiment de tous sa

  9. bina dit :

    J ai de la peine pour vous Y et S, et ma soeur qui reside en france depuis 2006 et qui s est mariee a un francais en 2010, a vecu et vis toujours des circonstances humiliantes pareilles.

    je peux me permettre une petite comparaison, puisque je vis moi meme avec mon mari et ma petite au canada,tout en possedant un statu de resident permanent. Le systeme appliqué pour les etrangers dans ce pays civilisé est vraiment parfait, on est tellement respecté,bien informé et jamais mal orienté. Les informations sont toujours disponibles sur un site web, les delais d attente sont toujours raisonnables.

    J ai de la chance d avoir choisi de vivre au canada, et ce passe en france me degoute vaiment.
    bonne chance a Y et S , et courage

  10. Anthony dit :

    Bonjour,
    Je confirme ce que dit Bina, j’ai obtenu la résidence permanente au Canada (province du Québec), ainsi que ma femme (tous 2 ingénieurs français) en 9 mois à peine; on peut tout faire par la poste, sauf la visite médicale.
    Ici au Canada, les étrangers, de tous horizons sont respectés et traités de la même manière que les citoyens.
    A propos, on habite 3 ans au Canada et on est citoyen (on pourra donc voter et partir plus de 3 ans sans perdre notre statut); sans préciser que le taux de chômage y est plus faible qu’en France.
    Amis étrangers francophones de tous horizons, bien à vous.

  11. jelila dit :

    Bonjour,
    je suis attristée de lire cet article mais pas du tout étonnée. je suis moi même mariée depuis 8 ans avec un étranger. et nous avons eu droit au mm parcours du combattant mais dans les yvelines et oui la préfecture de Versailles n’est pas mieux que celle du 91. en plus des nuits d’attente sur le trottoir sous la pluie nous avons eu le droit à un lancé d’œufs par des passants mal intentionnés et à l’époque je me souviens que moi aussi j’ai eu honte d’être française. Courage à tous ceux qui passent encore par ces démarches.

  12. Bravo Becassine pour ce touchant article. Y’a pas à dire, ça donne pas très envie d’être fier d’être français…

    Bon courage à tous ceux qui subissent les humiliations de la bureaucratie kafkaienne de cette résolument petite france.

  13. JeffRenault dit :

    Je me rappelle avoir accompagné il y a 20 ans une amie marocaine dans une préfecture pour le renouvellement de son titre de séjour. Cette expérience m’avait déjà alors sidérée.

    Pas un bonjour, pas un regard, juste un « c’est pour quoi en guise d’accueil ? » en guise d’accueil. L’agent s’adressait aux usagers à la troisième personne « il/elle a amené son justificatif de domicile ? », parfois même en petit nègre, des soupirs servant de ponctuations…

    Ce alors que, choqué, j’ai pris la parole et me suis adressé à l’agent, dans le but de lui expliquer ce que venait de lui dire un usager de la file, qu’elle ne semblait pas comprendre (je n’avais pas cette difficulté, bizarrement ^^). J’ai martelé et répété, le plus courtoisement du monde, un bonjour, jusqu’à ce que l’agent daigne enfin lever son regard vers son interlocuteur (moi) pour que j’acceptecenfin qu’on ait un dialogue.

    Elle (oui, l’agente était une agente) a rougi, a bafouillé, balbutié, mais a finalement trouvé la ressource (la volonté) de comprendre ce qu’on lui disait sans difficulté.

    Je ne me fais aucune illusion : quand je suis reparti après que mon amie a obtenu ce quelle était venue chercher, l’agent a repris don comportement condescendant et déshumanisé.

    C’est honteux. Et c’est inquiétant.

    Merci pour ce billet.

  14. DaveMingChang dit :

    Pourquoi persister à vouloir vivre en France ? Je suis sérieux, quel intérêt ? Ce pays ne veut plus des « étrangers ». Ce pays a décidé de se suicider, vous voulez vraiment assister à ça ?

    Car vous allez faire quoi, en sortant de la préfecture ? TOUT le reste de la société française est à l’avenant : Les gens sont méchants, stupides, le niveau intellectuel est descendu à des profondeurs insondables, les « français » ne lisent plus de livres, ils préfèrent la TV et la publicité, qui leur ment ouvertement, et appelle tranquillement à la haine et à la défiance de l’autre.

    Mais il me vient une idée. Peut-être souhaitez-vous réellement vivre ici. Peut-être que ce qui vous arrive n’est qu’un accident de parcours, peut-être avez-vous, vous aussi (comme une *majorité* de français) voté Sarkozy, et avant lui tous ceux qui vous ont promis la-sécurité-avant-tout ? Je pense que c’est plus souvent le cas qu’on veut bien l’admettre pour ces immigrés si tant amoureux de « la France ». Qui sont, eux, n’est-ce pas, de « bons » immigrés (cf article « J’ai vu une femme médecin (…) »). Ils méritent chaque seconde du calvaire qu’il vivent.

    Pour les autres, allez à l’étranger. Vous serez accueilli normalement, une carte de séjour est un document banal dans la plupart des pays du monde. Personnellement j’en ai déjà plusieurs. La France est morte dans les années 80. Elle a fait des choix (sociaux, énergétiques, politiques, culturels, religieux) proprement désastreux. Elle est devenue un pays de cauchemar. Si vous souhaitez y vivre, arretez de pleurnicher, et faites la queue sous la pluie. En silence.

  15. Maurice dit :

    Bonjour
    même constat en Guadeloupe. j’ai eu l’occasion d’accompagner un étudiant brésilien qui venait passer un an dans le cadre d’une thèse « sandwich » entre France et Brésil (encouragé par le gouvernement français, selon les décalarations officielles). Au consulat de Rio, on ignorait qu’il fallait un visa spécial pour atteindre la Guadeloupe, il a donc fallu qu’il obtienne l’envoi d’un fax de ce consulat à la PAF de Roissy pour qu’on l’autorise à prendre l’avion, le lendemain, avec l’obligation de régulariser dans les 10 jours. Arrivé à Pointe à Pitre, il a fallu que j’aille le chercher personnellement dans les locaux de la PAF… Le mardi, avec un rendez-vous on est passé devant une file d’une cinquantaine d’Haitiens qui attendait depuis des heures… à la préfecture de Basse-Terre, pour s’entendre dire qu’il faudrait faire traduire l’acte de naissance de ce jeune homme par un traducteur agréé par la préfecture locale, celui du consulat de Rio, n’étant pas connu… la suite, une dizaine d’aller-retour à la préfecture, autant de journées et d’énergie perdues, et un séjour d’un an sans papier. Depuis, cet étudiant très brillant a obtenu sa thèse et un poste important dans une grosse firme en … Hollande.
    Un autre collègue, brésilien lui aussi, après avoir été 8 ans en poste en Indonésie employé par un organisme public de recherche et développement français, est rentré au siège à Montpellier et a commencé les démarches pour obtenir sa carte de séjour ainsi que celle de sa femme et de sa petite fille. Il passe un concours de Chargé de Recherche et est admis dans un grand institut public de recherche, sur un poste en Guadeloupe… et là encore même galère. il faut tout reprendre de zéro, les dossiers de la famille s’étant égaré (on égare beaucoup, dans une administration qui pourtant multiplie les fichiers informatiques interconnectés…). Aller retour deux fois par mois à la préfecture, pas de papier pour l’enfant (4 ans) pendant plus d’un an… Entre temps titularisation définitive du collègue qui finit par provoquer un scandale qui remonte à la direction générale de l’institut, et, miracle, les dossiers perdus sont retrouvés et un royal titre de séjour valable un an est accordé à toute la famille qui peut enfin prendre des vacances hors de Guadeloupe sans risquer de voir femme et enfant refoulés au retour. Mais les vacances passées il a fallu reprendre le chemin de la préfecture pour obtenir le titre de séjour définitif d’un fonctionnaire de l’État Français et de sa famille…
    épilogue… l’épouse, juriste, n’ayant trouvé que des emplois de domestique, est rentrée au Brésil dans un grand cabinet d’avocat. L’époux, fonctionnaire, a fait jouer ses droits à congé sans solde, et a trouvé un poste plus intéressant au Brésil que celui qu’il avait obtenu en France. Bilan, un joli gâchis pour l’institut de recherche, qui perd une compétence reconnue, et une pierre de plus dans le jardin des « politique d’attractivité », « immigration choisie » et autres balivernes qui tentent de cacher une politique xénophobe détestable. Si c’est ainsi qu’on traite nos invités, imaginez pour les autres…

  16. Bibi dit :

    La France est devenue un repoussoir, pour ses propres enfants (combien d’expatriés français dans le monde ?), comme pour les immigrés les plus qualifiés que l’on sait apprécier à leur juste valeur ailleurs en Europe et en Amérique du Nord. Après en avoir formé des centaines dans ses grandes écoles et ses universités publiques, la France s’arrange pour les dégoûter à vie… Y a-t-il un pilote dans l’avion ?

  17. franck dit :

    C’est le problème du pouvoir… J’entend par là, que du moment ou une personne à un pouvoir, qu’elle l’utilise et que personne ne lui fait remarquer qu’elle ferait bien d’apprendre le mot respect, que cette personne sait pertinemment que les personnes en face d’elle sont pret à se mettre à genoux pour avoir ses bonnes graces, alors la griserie du pouvoir l’envahie et elle devient une grosse « saloperie »

    ça me fait penser à cette experience ou on avait choisi des personnes volontaires pour les mettre dans un endroit simulant une prison. La moitié des personnes étaient des gardiens et les autres des prisonniers. Il s’est avéré que les gardiens se sont pris au jeu, et se sont grisé de leur pouvoir pour mater les prisonnier. Cela a degeneré et l’expérience a du être arréter.

    J’en conclu, que les fonctionnaires pouvant avoir un quelconque pouvoir sur une personne, devrait faire l’objet d’une formation adequate, afin que ces tyrans administratif puissent être éradiqué…

  18. ElaJohnson dit :

    Je comprends ton agacement mais citer les US en exemple, ce n’est pas correct.
    J’ai eu le droit de gouter aux plaisirs de l’immigration à NYC.
    Les joies des « applications forms » changeant : le IAP66 passant le DS2019 mais pas encore disponibles,..
    La file d’attente faisait tout le tour du 26 fédéral plazza

  19. ElaJohnson dit :

    Oups la suite…
    … Plazza, les heures d’attente, l’arrivée à minuit pour espérer rentrer avant midi au moins ds le building, s’entendre se faire dire que le service souhaité ferme en fait à 11h, les gens mal lunés, la guerre pour conserver sa place, le froid, l’ennui, le désespoir même.
    Bref, je ne crois pas à une exception culturelle française mais malheureusement c’est partout pareil. Je ne dis pas que c’est bien mais la France n’échappe à la règle.

  20. alex. dit :

    j’ai vécu avec une compagne étrangère avec qui j’ai enduré ces épreuves. Sarkozy alors première fliquette de france venait de durcir les lois. La situation était tellement abérante et kafkaiene que cette amie – francophile depuis l’enfance, parlant un français excellent – a préferé ensuite laisser tomber une admission post-master à la Sorbonne plutôt que d’avoir à re-subir la situation humiliante de l’année précédente. En 2008 quand à mon tour la préfecture du département ou j’ai grandi m’a pris la tête afin de prouver ma nationalité, avec un arbre généalogique remonté jusqu’au XVIIIe siècle par un grand-père.. Je ressentais alors comme un nouveaux crachat à la face, quand un pays en viens même à douter de ses propres enfants. J’ai donc eu ma dose; *plein le cul de ce pays de gros blaireaux* qu’est la france sarkozienne; et pris le chemin vers l’Allemagne. Ici, le mot accueil a encore un sens d’après chacun de mes rendez vous administratifs.
    Honte à toi Marianne.

  21. Renaud SECHET dit :

    meme merde a la prefecture du mans, queues, bureau et salle d attente repousses au fond des couloirs pour cacher la misere du sarkozistan

  22. Sadi dit :

    Bonjour,

    Votre publication est très intéressante d’autant que j’ai vécu (et vis toujours la même situation). Il y a une foultitude de solutions qui pourraient être mises en place pour résorber ce problème mais personne ne s’y intéresse vraiment. Il n y a qu’à voir la place réservée aux étrangers à l’intérieur même de la Préfecture. Ils sont empaquetés tout au fond du bâtiment et à peine deux guichets leurs sont réservés.
    La politique française quant à l’immigration est hypocrite, sournoise et rétrograde. Une France hautaine qui vit toujours dans le temps du colonialisme. Les politiques devraient se rendre à l’évidence que les temps ont changé. Si la France veut rester compétitive, elle ne peut se passer de l’immigration. Dans le cas contraire, si réellement les étrangers sont indésirables, que les lois aillent dans ce sens et qu’on arrête de jouer double jeu. C’est complétement aberrant et immoral de faire venir des ingénieurs et des cadres (ou autres) étrangers et de ne pas leur assurer les conditions de travail et de vies idoines. Je pense que la France manque d’humilité. Il est temps de changer, c’est urgent.

    PS : le meilleur exemple exemple en terme d’immigration reste le Canada.

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  25. Jules dit :

    Faites vous aider, des associations existent et sont spécialisées dans ces démarches, vous gagnerez un temps précieux.
    http://www.cimade.org/
    vous trouverez sur ce site des délégations locales, présentes en lien avec la majorité des préfectures.

  26. Mathieu dit :

    Aux étrangers qui veulent quitter la France. Je vous comprends, mais s’il vous plait, restez, ce n’est pas à vous de partir. Un jour ou l’autre, il faudra bien que le vent tourne. On est quelques uns à se battre pour ça.

  27. Timoxana dit :

    Je me joins à tous pour vous dire bravo et merci Bécassine. Des informations comme celle-ci ne sont pas suffisamment diffusées et les français sont noyés dans le flot de propos racistes d’une politique qui n’est rien moins qu’une honte à la république. Cet article décrit par le vécu des étrangers que nous devrions accueillir alors que nous les rejetons est édifiant et montre à quel point la perte des valeurs de solidarité et de respect s’aggrave chaque jour un peu plus depuis que nous sommes tombés en sarkozyie !

    Je vais à mon tour relayer cet article sur mon blog.

    Citoyennes salutations et bon courage à toutes et à tous, d’ici et d’ailleurs.

  28. Ping : » Visite guidée dans l’enfer des préfectures françaises. Le blog à Bécassine | Afrique | Scoop.it

  29. Elsa dit :

    Malheureusement, de telles histoires apportent du ciment a la résolution de ne pas vivre en France que j’ai prise à 8 ans… Comme si les cieux m’avaient entendus, quelques mois plus tard, ma famille et moi sommes Paris vivre au Royaume Uni pour un an. Au retour en France, le malaise de la différence a commencé à s’installer: j’étais bilingue, j’avais connu autre chose, j’étais « l’Anglaise ». Brimades venant des autres enfants, énervement des profs d’anglais qui, dès la 6ème, m’ont collée au fond de la classe et donné un livre de troisième sous les regards haineux de mes camarades. Le décalage ne s’est jamais effacé. En seconde, on ose demander si c’est possible de faire Danois et Grec moderne. Convocation chez le proviseur « Mais tu te prends pour qui? ». Impossible de dire « Michael Jackson », il faut dire « Mie qu’à elle, Jacques sonne ».  Même en licence d’anglais, ça fait mauvais genre d’avoir un accent correct. On parle mieux que la prof de civilisation, ouh laaaa, dangereux. On veut faire une maitrise de Traductologie, on va voir le maitre de conference pour lui demander une dérogation et quelques cours, on est bien consciente qu’on est la seule a avoir envie de suivre les trace du Môssieur, ça lui fera peut être plaisir de partager son savoir avec un autre illuminé du mot anglais, mais non « Vous n’avez qu’à faire Civilisation ». On ne peut pas discuter avec une maman au square sans être prise pour une désaxée qui chercher a s’immiscer dans la vie de l’autre. Le nivellement par le bas règne depuis si longtemps, il n’y a rien a faire.  La méfiance. Le mensonge. Le refus de se remettre en cause. Le cœur de la France est devenu ce petit raisin sec et âcre. Pourquoi ce besoin d’assimilation des « étrangers »? Pourquoi ce refus de la diversité? Pourquoi cette peur d’etre englouti? Le complexe de supériorité de la France est déplacé, malsain, incroyablement ancré, même entre les peaux blanches, alors, mes pauvres amis, il faudrait un miracle pour changer le cours des choses. Le prestige de la France s’étiole de plus en plus chaque jour, il ne nous reste qu’à attendre. C’est dommage. Je suis expat depuis 14 ans, j’ai fait le Royaume Uni, la Chine et maintenant l’Inde. Même en Inde, personne ne fait la queue la nuit. Il n’est pas dit qu’on n’aie pas besoin de revenir 5 fois pour finalement donner un bakshish pour faire avancer les choses, mais je préfère être prise pour une vache à lait qu’une sous merde en décomposition comme tant de bonnes gens doivent l’endurer.
    Revenir en France? Plutôt crever. 

  30. jbar dit :

    À Antony, c’est pareil, tout autant scandaleux :
    Si t’arrive après 6h30 heures du matin, t’es sûr de ne pas avoir de tickets.
    Si t’arrive à 5 heures du matin, tu passeras ensuite vers 13-14 heures de l’après-midi…

    Ils t’inventent en plus des papiers manquants presque à chaque fois.

    La dernière fois j’ai du m’absenter du bureau pendant presque tout une après-midi pour aller chercher en vitesse des papiers à la maison pour les apporter à mon épouse, en pleurs/rage à la préfecture, qui y avait passée la journée.

  31. Sarguini dit :

    J’ai vécu à peu près la même situation la semaine dernière. J’ai pris place dans une file d’attente à 14h30 pour une rentrée en préfecture le lendemain à 09h00. j’ai eu le numéro 16. Mon récépissé devait expirer alors je devais le faire renouveler, au guichet on m’apprends que ma carte est prête. Alors pourquoi vous ne m’avez pas convoqué ? ça m’aurait évité cette nuit d’attente et une journée d’RTT ? J’avais envie de poser cette question banale mais je me suis calmé pour pas qu’elle revienne sur ce qu’elle vient de m’annoncer, on ne sait jamais !!

  32. Kamila Taktasheva dit :

    En tant qu’étrangère je ne suis pas d’accord avec tous ces commentaires. Oui, les démarches administratives en France ne sont pas faciles MAIS qui est-ce que vous oblige d’y rester après vos études? pourquoi pas rentrer dans votre pays?
    Malheureusement assez souvent (j’en suis témoin!) la raison de rester c’est l’envie de profiter du système d’aides financières qui n’existent pas dans leurs pays (dont mon pays d’origine). Pas toujours, bien sûr, mais beaucoup trop souvent. Résultats: trop de parasites parmi les étrangers qui restent, ce qui ne facilite pas la vie de ceux qui veulent travailler et restent pour d’autres raisons.
    Moi-même j’en ai souffert plus que assez quand j’étais étudiante, quand je changeais mon statut à salarié, quand je voulais me marier et j’en souffre toujours étant enceinte pour le changement d’adresse et un tas de choses.
    Mais mais mais je les comprends car mes compatriotes ont du eux aussi abuser de ce système…
    les Français doivent pas avoir honte pour ça, c’est moi qui ai honte pour ces étrangers qui se comportent ainsi.

  33. L'étranger dit :

    Bonjour, un autre témoignage, une histoire toute aussi honteuse à la préfecture d’Evry : http://www.al-har.fr/blog/2011/07/27/prefecture-devry-temoignage-dun-francais-en-situation-presque-reguliere/
    Affligeant !

  34. alex dit :

    Il faut vraiment etre sadique pour travailler a la prefecture. Je ne crois pas qu’il faut juste faire ce qu’on te dit,- il faut avoir une certaine vocation pour ce genre d’occupation.

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